Bruxelles, 12/11/2010 (Agence Europe) - Dévoilée mercredi 10 novembre, la nouvelle stratégie énergétique de la Commission européenne suscite des réactions contrastées au Parlement comme parmi les lobbies.
Au Parlement européen, Claude Turmes (Verts) juge cette stratégie « biaisée et décevante ». Le député luxembourgeois critique les propositions « vagues et tardives » sur l'efficacité énergétique, qui ne fixent aucun objectif contraignant, comme celles sur les renouvelables, source d'énergie que M. Turmes voit « ignorée » par la stratégie de l'exécutif européen. Son collègue Yannick Jadot estime lui aussi que les pistes données par la Commission ne permettront pas d'atteindre l'objectif d'économie d'énergie de 20% en 2020. Le député vert français dit aussi craindre que les besoins de l'UE en infrastructures, qui font l'objet d'une nouvelle communication à venir la semaine prochaine, soient définis « sur des prévisions fantaisistes de la hausse de la demande ». Enfin, les Verts dénoncent la « partialité pro-nucléaire » de la stratégie Énergie 2020. « Plutôt que de mettre en œuvre la nécessaire révolution énergétique de l'Europe, la Commission préfère servir les intérêts de certains grands oligopoles énergétiques », déplore M. Jadot.
Au nom de la S&D, Marita Ulvskog salue la stratégie proposée mais dénonce des lacunes sur les volets de l'efficacité énergétique, des droits des consommateurs et de la pauvreté énergétique. La députée suédoise regrette en effet l'absence d'objectifs contraignants en matière de performance énergétique, ainsi que l'absence de mesures coordonnées pour les consommateurs.
Du côté de l'ECR, Giles Chichester salue une stratégie qui, selon lui, fixe des « priorités nobles pour les défis énergétiques de moyen terme » en matière d'efficacité énergétique, d'infrastructures et de nouvelles technologies. Le député britannique regrette toutefois « l'absence de clarté » sur l'origine des financements, et la prioritisation des investissements. (E.H.)