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Bulletin Quotidien Europe N° 10254
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/g20

Déséquilibres économiques, une préoccupation commune, selon l'UE

Bruxelles, 10/11/2010 (Agence Europe) - Les leaders des vingt principales économies mondiales convergeaient vers Séoul, mercredi 10 novembre, pour un Sommet de G20 marqué par les querelles monétaires et les déséquilibres économiques. L'Union européenne tentera de faire valoir sa position selon laquelle les déséquilibres macro-économiques constituent « un sujet de préoccupation commune » nécessitant un rôle actif de chaque partenaire. « Les déséquilibres de comptes courants devraient être utilisés comme un indicateur permettant d'initier une analyse des causes profondes des obstacles à un ajustement », indiquent dans une lettre conjointe aux participants les présidents du Conseil européen M. Van Rompuy et de la Commission européenne M. Durão Barroso. Ils rappellent que les Européens travaillent à la mise en place d'un cadre de surveillance des déséquilibres macro-économiques au sein de la zone euro. Face à une forte opposition de pays comme l'Allemagne, les États-Unis ont mis en sourdine leur demande de fixer des limites maximales aux déficits ou excédents excessifs à la balance des paiements d'un pays.

Dans un souci d'apaisement, les pays asiatiques ont quelque peu diminué leurs critiques relatives à la politique monétaire américaine, préférant mettre en avant les effets espérés en termes de croissance de cette politique plutôt que son impact sur l'afflux massif de liquidités dans les pays émergents. La Réserve fédérale américaine (FED) a racheté 600 milliards de dollars supplémentaires de titres du Trésor américain afin de faire baisser ses taux à long terme. Une décision qui a provoqué une baisse du dollar et une hausse de l'euro, au grand dam de l'Allemagne principal pays exportateur de la zone. « À Séoul, nous devons parvenir à un engagement politique fort en vue d'arriver à des solutions concertées et durables aux tensions actuelles sur les marchés monétaires, de favoriser une fixation des taux de change en ligne avec les fondamentaux du marché et de s'abstenir de dévaluations compétitives des monnaies », écrivent M. Van Rompuy et M. Barroso.

Réforme du FMI. Les leaders valideront l'accord sur la réforme de la gouvernance du Fonds monétaire international (FMI) marqué par leurs ministres des Finances et les banquiers centraux le mois dernier à Gyeongju (EUROPE n°10243). D'ici 2012, un transfert de 6% des quotes-parts s'opérera en direction des pays émergents et/ou sous-représentés. Les quotes-parts constituent les contributions financières à l'organisation internationale et elles servent à déterminer les droits de vote des pays membres. Les « BRIC » (Brésil, Russie, Inde, Chine) figureront parmi les dix plus gros actionnaires du FMI, la Chine se hissant à la troisième place derrière les États-Unis et le Japon. Les Européens ont accepté de renoncer, au profit des pays émergents et/ou sous-représentés, à deux sièges qu'ils détenaient au sein du conseil d'administration du FMI. « L'UE a répondu positivement au défi de rendre l'institution plus légitime et plus représentative de l'économie internationale », soulignent MM. Van Rompuy et Barroso. Le conseil d'administration du FMI, dont les membres seront dorénavant élus, demeurera à 24 sièges.

Réforme financière. Le Sommet reprendra à son compte les mesures dites « Bâle III » du Comité de Bâle qui visent notamment à accroître la quantité et la qualité des fonds propres bancaires d'ici 2019 (EUROPE n°10213). Les Européens soutiennent « totalement » ces dispositions dont la mise en œuvre devrait être « strictement » contrôlée. Ils soulignent aussi l'importance d'endosser les recommandations du Forum de stabilité financière, organe interne au FMI, relatives à la confiance excessive accordée aux agences de notation et à la supervision des institutions financières d'importance systémique. Sur ce dernier point, il serait question de dresser une liste d'une vingtaine de banques ayant un impact systémique global qui feraient l'objet d'une supervision plus poussée et seraient soumises à des exigences accrues en capital. L'UE, qui travaille à l'introduction d'un prélèvement bancaire sur son territoire, tentera par ailleurs de faire progresser l'idée d'une taxation internationale des transactions financières.

Doha. Les dirigeants des principales économies mondiales devraient réaffirmer leur engagement en faveur du libre-échange et du maintien de marchés ouverts. Ils devraient en outre donner un élan politique fort à la conclusion rapide du round de Doha, en réaffirmant leur engagement à boucler les négociations commerciales multilatérales à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) lancées en 2001. Dans une lettre à ses homologues, M. Obama estime que « tous les pays du G20 ont la responsabilité d'apporter l'ambition nécessaire à la conclusion d'un accord ».

Climat. Du G20, l'UE attend qu'il permette de dégager des terrains d'entente entre pays riches et grandes économies émergentes pour faciliter la réussite de la conférence onusienne de Cancún (29 novembre-10 décembre), en tant qu'étape cruciale vers un accord mondial et juridiquement contraignant en 2011.

Développement. Ce thème est inscrit pour la première fois à l'ordre du jour du G20 à la demande des pays émergents en vue de faciliter les échanges et les investissements dans les pays en développement. L'UE appuie à cet égard le plan d'action pluriannuel du G20. Elle espère que ce sommet donnera une orientation claire pour la conclusion du cycle de Doha pour le développement à l'OMC. (A.N./E.H./M.B.)

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