Bruxelles, 10/11/2010 (Agence Europe) - La politique européenne de développement doit s'adapter aux défis conjugués de la crise alimentaire, économique et climatique ainsi qu'au nouveau cadre institutionnel créé par le Traité de Lisbonne qui fait de cette politique un élément de la politique étrangère. Mais quelles orientations lui donner après 2013, dans le cadre des nouvelles perspectives financières, pour qu'elle soit le plus efficace possible et que chaque euro investi contribue au mieux à la croissance inclusive et au développement durable dans les pays en développement ? La Commission européenne a son idée, mais souhaite recueillir le maximum de contributions des parties intéressées. Le Livre vert sur l'avenir de la politique de développement, adopté mercredi 10 novembre par procédure écrite, lance une vaste consultation publique sur la question jusqu'en janvier. Les contributions à cette consultation seront mises à profit par la Commission pour présenter, à la mi-2011, les orientations futures.
« Si nous poursuivons le statu quo, même en augmentant les niveaux d'aide, nous ne parviendrons pas à atteindre tous les objectifs du Millénaire pour le développement. C'est inacceptable, et nous avons le devoir de trouver des réponses et des solutions. Je suis déterminé à recentrer les dépenses et les politiques de développement, en partenariat avec les pays en développement pour accroître l'impact concret de nos programmes en termes de résultats tangibles, de réalisation des OMD, en termes d'impact sur la vie des citoyens dans les pays en développement, et en justifiant auprès des citoyens européens la nécessité d'accroître les budgets d'aide, même par temps de récession chez eux », a expliqué Andris Piebalgs, commissaire au Développement à la commission du développement du Parlement européen, mardi, à la veille de l'adoption du texte.
Le Livre vert pose les questions suivantes: comment faire en sorte que la politique de développement ait un impact fort, gage d'une valeur ajoutée pour chaque euro investi ? Comment faciliter davantage de croissance et une croissance inclusive dans les pays en développement pour que tout un chacun ait droit à une vie décente et à des perspectives d'avenir ? Comment promouvoir le développement durable comme moteur de progrès ? Comment obtenir des résultats durables dans le domaine de l'agriculture et en termes de sécurité alimentaire dans des pays où 75% de la population dépend de l'agriculture? « S'attaquer aux problèmes de nutrition a un effet multiplicateur pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement, et l'agriculture joue un rôle crucial dans le développement en général puisque le taux de croissance qu'elle génère dans les pays en développement est quatre fois plus efficace pour réduire la pauvreté que la croissance générée par les autres secteurs », souligne le commissaire.
Pour participer à la consultation http: //ec.europa.eu/yourvoice/consultations/index_en.htm (A.N.)