Bruxelles, 10/11/2010 (Agence Europe) - Le nombre de décès dus à la cocaïne, la 2ème drogue illicite la plus consommée en Europe après le cannabis, a presque doublé en l'espace d'un an, souligne l'OEDT, dans son rapport annuel publié mercredi à Lisbonne. En 2008, environ 1 000 décès liés à la consommation de cocaïne ont été signalés en Europe, contre 500 en 2007.
Au Royaume-Uni, le nombre de certificats de décès mentionnant la cocaïne a doublé entre 2003 (161) et 2008 (325). En 2008, environ 70 000 personnes ont commencé un traitement du fait de leurs problèmes liés à la consommation de cocaïne (poudre et crack) dans 27 pays d'Europe. « Trop d'Européens continuent de considérer la consommation de cocaïne comme le corollaire relativement inoffensif d'une vie réussie », déclare Wolfgang Götz, directeur de l'OEDT. « À mesure que la consommation de cocaïne augmente, son impact sur la santé publique s'accroît aussi. L'usage de ce produit peut s'intensifier très vite, mais il peut aussi entraîner la mort, même si la prise est occasionnelle et les doses faibles », a-t-il ajouté. Les décès dus à la cocaïne constituent un phénomène complexe et de nombreux décès causés par la cocaïne pourraient ne pas attirer l'attention de la police ou des experts médico-légaux, car la plupart des décès étant liés à la consommation de cocaïne sont causés par des accidents cardiovasculaires ou par des accidents vasculaires cérébraux. Ces décès ne dépendent pas de la dose et peuvent également survenir chez des usagers occasionnels ou à de faibles doses. Environ 14 millions d'adultes européens (4,1 %) ont consommé de la cocaïne au moins une fois, et 4 millions (1,3 %) en 2009. Des niveaux élevés de consommation sont signalés surtout en Europe de l'Ouest. Des techniques de plus en plus sophistiquées servent à introduire de la cocaïne en Europe, par exemple en l'incorporant à divers supports (cire d'abeille, plastique, engrais, vêtements) avant leur exportation, afin de l'extraire ensuite dans des laboratoires clandestins installés sur le territoire de l'UE.
Si le cannabis reste la drogue la plus populaire en Europe, sa consommation baisse, voire stagne, sauf dans quelques pays de l'Est où elle rivalise avec les niveaux d'Europe de l'Ouest. Environ 75,5 millions d'Européens, soit un adulte de 15 à 64 ans sur cinq, ont consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie et quelque 23 millions en 2009. Près de 1 000 tonnes de résine de cannabis ont été interceptées en Europe en 2009, soit 100 tonnes de plus qu'en 2008. « L'idée que se fait le public de la production domestique de cannabis est souvent celle d'un pot sur le rebord d'une fenêtre ou de quelques plantes dans la serre ou le jardin », indique Wolfgang Götz. « Mais la réalité est tout autre aujourd'hui. Le crime organisé a pris conscience des profits qu'il pouvait tirer de la culture à grande échelle de cannabis à proximité de son marché de destination », a-t-il dit. Environ 11 millions d'adultes (3,3 %) ont consommé au moins une fois de l'ecstasy, 2,5 millions (0,8 %) en 2009, la quasi-totalité d'entre eux ayant entre 15 et 34 ans. La consommation d'amphétamines reste inférieure à celle de cocaïne mais dans de nombreux pays, notamment du nord de l'Europe, l'amphétamine ou la méthamphétamine est le stimulant le plus utilisé. Enfin, entre 1,2 et 1,5 million d'Européens consomment de l'héroïne ou des opiacés. En Europe, 4 % des décès de jeunes seraient dus à la drogue, et dans les trois quarts des cas aux opiacés. (B.C.)