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Bulletin Quotidien Europe N° 10253
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/mÉditerranÉe

Réunion de la dernière chance pour sauver le sommet

Bruxelles, 09/11/2010 (Agence Europe) - Les deux coprésidences de l'UpM (Union pour la Méditerranée), France et Égypte, prévoient de se rencontrer jeudi à Paris, en présence de leur ancien collègue espagnol, Miguel Ángel Moratinos, désigné de façon ad hoc par son gouvernement pour tenter de sauver le sommet de l'échec. À deux semaines de la date envisagée pour cet improbable sommet - compte tenu de la tension qui règne encore au Proche-Orient et qui risque d'être renforcée par la décision israélienne, prise ce week-end, de relancer la construction de colonies dans la partie arabe de Jérusalem -, les trois principaux acteurs au sein de l'UpM tentent de trouver une formule qui permettra de déconnecter la tenue du sommet du mauvais climat diplomatique dans la région.

Plusieurs formules seraient à l'étude dont une, fruit d'une décision ce week-end également, au Caire, du comité de concertation arabe, d'obtenir une déclaration commune préalable qui rappellerait à Israël ses devoirs et ses manquements au regard de la loi internationale. Le ministre égyptien Abul Gheit, qui sera jeudi à Paris, a laissé entendre que les jeux étaient encore totalement ouverts. Cité par les agences de presse, il a déclaré au Caire: « Les discussions en cours se concentrent sur allons-nous tenir ce sommet maintenant ou non ? Lui fixons-nous une date précise ou non ? ». Selon l'agence officielle égyptienne, le ministre a précisé qu'il allait exposer à MM. Kouchner et Moratinos la position arrêtée au Caire qui indique que « la situation des négociations palestino-israéliennes et les conditions actuelles au Moyen-Orient ne garantissent pas le succès du sommet de Barcelone ». Il a clairement fait référence aux « difficultés autour du communiqué final de ce sommet ». Il serait « toutefois nécessaire de donner la chance au dialogue entre l'Égypte, la France et l'Espagne avant de parvenir à une décision définitive sur la tenue de ce sommet », a-t-il dit.

Les hauts fonctionnaires en charge de l'UpM prévoient de se réunir vendredi 12 novembre à Bruxelles pour poursuivre la préparation du « sommet » plus sur la partie technique et la mise en place de la structure commune, son secrétariat général, que sur les aspects politiques. Les travaux seront pris en charge, apparemment sans implication directe de la diplomatie commune européenne, par Paris et Madrid. Les débats entre hauts fonctionnaires seront notamment focalisés sur la question du budget du secrétariat général (c'est désormais le chiffre de 6 millions d'euros qui est cité au lieu des 14,5 millions d'euros initialement demandés). Ses ressources actuelles n'étaient plus utilisables au-delà du 4 novembre (d'après des règles de procédure financière européenne) ; elles ont été prolongées de quelques semaines suite à une décision de la Commission européenne mais, sans décision formelle d'ici décembre sur le budget, la mise en panne du secrétariat général de l'UpM sera une réalité que des sources concordantes envisagent explicitement. (F.B.)

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