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Bulletin Quotidien Europe N° 10247
CONSEIL EUROPÉEN / (eu) conseil europÉen

L'UE appelle le G20 à éviter une guerre des monnaies

Bruxelles, 29/10/2010 (Agence Europe) - Les chefs d'État et de gouvernement européens ont exhorté vendredi 29 octobre les grands pays dans le monde à « éviter » une guerre des monnaies lors du prochain sommet du G20 de Séoul, qui se déroulera dans deux semaines. « La reprise de l'économie mondiale sera en jeu: les déséquilibres économiques mondiaux et les taux de change », a dit Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen (EUROPE publie la lettre de M. Van Rompuy au Conseil européen en vue du G20). Il a ajouté que ces sujets « affectent les perspectives de croissance et l'emploi au sein de l'UE ».

L'UE souligne qu'il faut « s'abstenir de toute forme de protectionnisme et éviter de faire fluctuer les taux de change pour obtenir des avantages concurrentiels à court terme », selon le texte des conclusions du Conseil européen qui s'est réuni jeudi 28 et vendredi 29 octobre, à Bruxelles.

L'inquiétude grandit au niveau mondial face à l'atmosphère de « guerre des changes » entre grandes puissances pour affaiblir leurs devises respectives afin d'exporter davantage et de mieux résister à la crise économique. Les Européens ont récemment tiré la sonnette d'alarme face au niveau élevé de l'euro, qui pourrait saper leur timide reprise en pénalisant leurs exportations. Ils ont appelé la Chine à une appréciation « significative » de sa monnaie et s'inquiètent aussi de la sous-évaluation du dollar, alors que les États-Unis sont soupçonnés de se satisfaire pleinement de voir le billet vert fondre car cela stimule leurs exportations au moment où la croissance du pays patine.

« Je crois qu'une guerre des monnaies n'a pas lieu d'être », a aussi indiqué le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. « Nous pensons que les taux de change ne doivent pas se caractériser par une volatilité excessive et qu'ils doivent refléter les données économiques fondamentales », a-t-il ajouté.

Réciprocité. « Nous avons eu une discussion passionnante sur la question de la réciprocité dans les relations commerciales. Un certain nombre de chefs d'État et de gouvernement, et je crois que c'est une majorité, demandent que dans les relations commerciales l'Europe fasse preuve de moins de naïveté et accepte d'utiliser le mot réciprocité. Et je pense que ce message a été entendu par le président de la Commission et le président du Conseil européen », a déclaré Nicolas Sarkozy, le président français, dont le pays assurera la présidence du G20 « juste après nos amis coréens ». Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a lui aussi évoqué l'importance de la réciprocité dans les relations commerciales et il a stigmatisé le gros problème des « délocalisations ».

FMI. Par ailleurs, « nous sommes très satisfaits de la réforme du Fonds monétaire international, négociée par les ministres des Finances le 23 octobre dernier, puisque nous sommes restés à 24 membres du conseil d'administration », a estimé M. Sarkozy. L'accord sur la réforme du FMI « contribuera à la mise en place d'un FMI plus efficace, crédible et légitime et lui permettra de remplir sa mission, qui est de soutenir le fonctionnement du système monétaire et financier international », disent les dirigeants de l'UE dans les conclusions du Conseil européen. Ils ajoutent que « des réformes des quotes-parts et, plus largement, de la gouvernance devraient faire l'objet d'un paquet unique et complet de mesures adopté selon un même calendrier ».

Les pays européens ont fait de gros efforts en faveur des pays émergents, afin de renforcer la gouvernance mondiale. « Nous allons souligner une nouvelle fois aux dirigeants de pays émergents que ces nouveaux droits présupposent un nouveau sens du devoir et de la responsabilité partagée », a conclu M. Van Rompuy. (L.C./A.N./B.C.)

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