Strasbourg, 19/10/2010 (Agence Europe) - Les Nations unies et l'UE sont des « alliés naturels » dans la réponse à apporter aux multiples défis globaux - en particulier la lutte contre la pauvreté, la lutte contre le changement climatique et le désarmement nucléaire -, a estimé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, devant le Parlement européen réuni en plénière mardi 19 octobre à Strasbourg. À l'occasion du 60ème anniversaire de la Convention européenne des droits de l'Homme, le patron des Nations unies a surtout mis en garde l'UE contre les nouvelles politiques de « polarisation » de l'immigration, en particulier d'origine musulmane.
« Le grand défi de l'UE au 21ème siècle, c'est la tolérance en son sein. L'inclusion des diverses communautés est une tâche complexe comme celle qu'a dû gérer l'Europe après la Seconde guerre mondiale. Les immigrants souffrent de manière disproportionnée, aussi bien à l'intérieur de l'Europe qu'en dehors, du chômage, des discriminations, de l'inégalité d'accès à l'école et à l'emploi », a déploré M. Ban, ajoutant que, selon lui, la situation ne s'est guère améliorée depuis la venue devant les eurodéputés en 2003 de son prédécesseur Kofi Annan, qui avait appelé l'Europe à « saisir l'opportunité offerte par l'immigration ». « En tant qu'ami de l'Europe, je partage une préoccupation profonde. Une tendance dangereuse est en train d'apparaître: certains jouent sur la peur des gens. Ils accusent les immigrants de violer les valeurs européennes, alors que trop souvent ce sont les accusateurs qui subvertissent ces valeurs et donc l'idée même de ce que signifie d'être citoyen de l'UE (…) Les chapitres les plus sombres de l'histoire de l'Europe ont été écrits avec un tel langage », a-t-il poursuivi, précisant qu'aujourd'hui, « les cibles principales sont les immigrants de confession musulmane ». « L'Europe ne peut pas se permettre des stéréotypes qui ferment les esprits et nourrissent la haine. Et le monde ne peut pas se permettre une Europe qui fait cela. L'Europe moderne est fondée sur les droits de l'Homme et sur des valeurs empreintes d'humanité. Notre ambition est donc celle d'un continent uni et non divisé par des différences ethniques ou religieuses. Une Union dans laquelle tous les enfants, quelle que soit l'origine de leurs parents, ont les mêmes chances de réussite », a conclu le patron de l'ONU. (E.H.)