Bruxelles, 19/10/2010 (Agence Europe) - Déçu de ce que la législation européenne en matière d'emploi et les directives sur le travail à durée déterminée, à mi-temps ou intérimaire, ne s'adressent pas adéquatement aux travailleurs précaires, le Parlement européen presse la Commission et les États membres à prendre des mesures législatives spécifiques telles que l'introduction d'un minimum social contraignant pour les salariés et assurant à tous un accès égal aux services sociaux et aux bénéfices selon leurs conditions de travail.
Participation au marché du travail, formation des travailleurs, emplois décents, régularisation des travailleurs saisonniers et migrants sont les demandes principales formulées dans le rapport de Britta Thomsen (S&D, danoise) sur « les salariées en situation de précarité », adopté à main levée mardi 19 octobre à Strasbourg.
Ce faisant, les députés estiment qu'améliorer la qualité du travail des femmes, qui sont en surnombre dans des emplois précaires, contribuera à réduire le fossé qui existe entre elles et les hommes. Les députés demandent des mesures législatives qui garantissent l'égalité des genres et réduisent la ségrégation entre hommes et femmes sur le marché du travail. C'est pourquoi, ils demandent à la Commission de leur soumettre une proposition relative à l'application du principe de l'égalité de rémunération entre les hommes et les femmes.
« Ce dont nous avons besoin plus que jamais c'est que l'Union européenne prenne des initiatives afin d'améliorer la position des femmes sur le marché du travail de façon à ce que l'Europe puisse s'aligner au contenu du Traité, sinon nous irons vers une crise démographique qui sera au moins aussi grave que la crise économique que nous vivons actuellement », a déclaré Britta Thomsen à la plénière. « Quelle que soit l'origine des femmes - Portugal, Pologne, Balkans, Bulgarie-, elles doivent être traitées de la même manière sur le marché du travail. Le grand pas vers l'égalité doit être celui de l'égalité législative », a poursuivi Mme Thomsen. Les femmes au sein de l'UE ont peu d'enfants. Si nous voulons rester compétitifs, créer de la croissance, si nous voulons maintenir notre niveau de bien-être et de prospérité, il faudra que davantage d'enfants naissent au sein de l'UE. C'est la raison pour laquelle nous avons besoin d'un congé de base avec une rémunération entière, sans oublier que les hommes ont également un rôle important à jouer. Il s'agit de normes sociales élevées dont on parle ici, a-t-elle noté. Britta Thomsen a précisé que les femmes en situation de travail précaire ont « des petits boulots, n'ont pas de sécurité sociale, sont plus exposées à la discrimination et à de mauvaises conditions de travail. « On ne peut accepter que les femmes travaillent dans des conditions aussi misérables », a affirmé la députée appelant l'UE à soutenir les États membres pour que les travaux précaires soient remplacés par de véritables conditions de travail.
Le vice-président de la Commission, Maroš Šefèoviè, a souligné le nombre d'avancées déjà faites par la Commission pour l'intégration des femmes au marché du travail. « Si elles n'ont pas un travail décent, les femmes n'ont pas d'indépendance économique, qui est la condition sine qua non pour le contrôle de leur propre vie ».
Dans son rapport, Britta Thomsen souligne que le travail précaire désigne un type d'emploi « non standard » présentant les caractéristiques suivantes: - peu ou pas de sécurité d'emploi en raison de la nature non permanente, souvent occasionnelle, de l'emploi, avec des contrats prévoyant de piètres conditions ou sans aucun contrat écrit ; - un faible niveau de rémunération, qui est parfois non déclaré et flou ; - aucun droit à une protection sociale ou à des prestations liées à l'emploi ; - aucune protection contre la discrimination ; - une limitation d'avancement sur le marché du travail ; - une absence de représentation syndicale pour les travailleurs ; - un environnement de travail ne répondant pas aux normes minimales de sécurité et de santé. (G.B.)