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Bulletin Quotidien Europe N° 10239
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/tourisme

Il faut faciliter les procédures d'obtention de visas

Bruxelles, 19/10/2010 (Agence Europe) - L'industrie du tourisme proteste contre les difficultés rencontrées par certains candidats touristes pour l'obtention de visas vers l'Europe, qui handicapent un retour harmonieux à la croissance du secteur. Dans un rapport, basé sur les résultats d'une enquête qu'elle a menée entre juillet et septembre 2010, l'association des tours-opérateurs européens ETOA estime que les difficultés liées aux procédures d'obtention de visas européens découragent chaque année plus de 450 000 touristes, surtout des Chinois et des Indiens, provoquant un manque à gagner proche des 500 millions d'euros. En Chine, 26% des candidats voyageurs sont poussés à annuler leur séjour en Europe à cause des contraintes et délais d'obtention des visas de l'espace Schengen. Des visas plus difficiles à obtenir qu'aux États-Unis, pourtant réputés pour leurs exigences en la matière. Or, la Chine, tout comme les autres pays émergents, représente un potentiel énorme pour le marché du tourisme européen, avec une société qui s'enrichit et qui ne demande qu'à consommer et s'ouvrir sur l'extérieur. L'Union européenne est consciente de ce problème: dans les discussions sur la mise en œuvre d'une politique européenne du tourisme, les problèmes liés à l'obtention de visas pour certaines nationalités ont été évoqués.

Lors de la réunion informelle de Madrid, le 15 avril dernier, le commissaire responsable des Entreprises et de l'Industrie Antonio Tajani avait souligné les défis posés par les questions de l'immigration clandestine et du terrorisme, qui compliquent les démarches pour l'obtention de visas.

Selon le rapport de l'ETOA, le pays européen le plus dissuasif est le Royaume-Uni. Quelque 58 000 touristes auraient annulé leur voyage vers cet État membre en raison de délais trop longs pour l'obtention d'un visa et 314 000 visiteurs potentiels auraient même décidé de ne pas faire de demande pour ces raisons. Par exemple, outre de lourdes démarches administratives, les candidats chinois au visa touristique au Royaume-Uni doivent laisser leurs empreintes digitales et répondre à des questions très personnelles. La France arrive en seconde position pour ses longues procédures, suivie de l'Italie qui requiert des interviews dans pratiquement tous les cas. En revanche, l'Allemagne est le pays le plus efficace pour délivrer un visa, à la fois en termes de ponctualité, de rapidité des procédures, de flexibilité et d'amabilité. Une exception, déplore le directeur de l'ETOA, Tom Jenkins. Les tours-opérateurs européens déplorent notamment que les formulaires ne soient pas traduits dans toutes les langues, une mauvaise communication avec les autorités compétentes et des difficultés d'application en ligne. Globalement, l'Europe est perçue comme lente et bureaucrate. L'ETOA appelle la Commission et les pays de l'Espace économique européen à ouvrir le débat. « Il faut préciser à quoi servent les visas, comment ils sont délivrés et combien ils coûtent. L'intérêt des postulants doit être au centre du débat. Plutôt que de les traiter comme des criminels potentiels, nous devrions accueillir ces personnes comme de précieux clients », souligne l'ETOA.

Les tours-opérateurs publieront début 2011 une analyse plus détaillée de la situation. Celle-ci quantifiera de manière plus substantielle les pertes évaluées pour le secteur découlant des difficultés liées aux visas et identifiera plus précisément les obstacles et les meilleures pratiques à mettre en œuvre. (I.L.)

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