Bruxelles, 11/10/2010 (Agence Europe) - L'UE a réitéré, lundi 11 octobre, sa volonté de jouer un rôle politique important dans le processus de paix au Proche-Orient en dépit des propos polémiques tenus la veille par le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman. Lors d'un dîner avec ses homologues français et espagnol, Bernard Kouchner et Miguel Angel Moratinos, dimanche soir (10 octobre) à Jérusalem, M. Lieberman avait conseillé aux Européens de d'abord régler leurs propres problèmes en Europe, comme celui du Kosovo, du Caucase ou de la division de Chypre, « avant de venir ici vous plaindre (de nos conflits) ». « Peut-être vais-je alors écouter vos suggestions », a dit le ministre à ses deux visiteurs européens, selon le Jerusalem Post. M. Lieberman aurait aussi affirmé que l'Europe est en train de « sacrifier Israël » comme la communauté internationale a abandonné la Tchécoslovaquie à Hitler en 1938. Auparavant, toujours selon le quotidien israélien, M. Kouchner aurait laissé entendre devant M. Lieberman que la création d'un État palestinien pourrait un jour être décidée et soutenue par le Conseil de sécurité de l'ONU si les pourparlers de paix israélo-palestiniens échouaient.
La porte-parole du haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, a réagi, lundi 11 octobre, en réaffirmant le « fort intérêt » et la volonté de l'UE d'être activement engagée dans le processus de paix au Proche-Orient. « Nous sommes activement engagés, et nous avons un intérêt fort dans l'actuel processus de paix au Proche-Orient », a-t-elle déclaré à la presse. M. Moratinos a, quant à lui, relevé un aspect positif dans les propos de M. Lieberman. « Si nous n'avions pas un rôle, si nous n'avions pas un poids, si nous n'avions pas une influence, peut-être que notre ami Lieberman n'aurait pas réagi comme il l'a fait », a-t-il dit. (H.B.)