Bruxelles, 11/10/2010 (Agence Europe) - Les récents événements survenus en France durant l'été ont témoigné de l'urgence d'intégrer les communautés Roms dans tous les domaines de notre vie, qu'il s'agisse du logement, de l'éducation, de l'emploi, ou encore de la santé, et de se pencher sur les conséquences humaines, sociales et économiques qu'entraînerait leur exclusion. Pour ce faire, il faut combattre l'ignorance, le préjudice, le racisme et la violence et s'engager pleinement dans une bataille pour que le peuple Rom puisse vivre de manière égale aux autres citoyens et puissent bénéficier des mêmes opportunités sociales et économiques que ces derniers.
Laszlo Andor, commissaire européen à l'Emploi, aux affaires sociales et à l'inclusion, s'en expliquera ce mardi 12 octobre, à Bucarest (Roumanie), à la conférence sur la contribution des fonds européens à l'intégration des Roms (EUROPE n°10221). Le commissaire devrait notamment y annoncer la présentation au printemps 2011 d'un cadre européen pour des stratégies nationales d'intégration des Roms. À cette fin, M. Andor devrait inviter les États membres à présenter leurs propres stratégies d'inclusion pour les Roms, stratégies qui figureront dans leur plan national de réforme. Laszlo Andor rencontrera également le président roumain Trajan Basescu et son ministre du Travail, Ioan Botis, ainsi que des représentants des partenaires sociaux et de la communauté gypsy.
Que faire pour briser le cercle vicieux dans lequel sont inscrits les Roms ? Il faut mettre en place une approche multidimensionnelle à long terme, ce qui impliquerait des efforts conjoints de la part des autorités locales et nationales mais aussi des communautés Roms elles-mêmes. Une des tâches essentielles consistera à aider les décideurs de tous niveaux à traduire les recommandations en actions concrètes. La Commission encouragera les États membres à présenter des actions collectives dans le cadre de la Plate-forme sur les Roms, et le fait que l'intégration des Roms restera au haut de l'agenda politique sera garanti.
Malgré le fait qu'il n'y a pas un budget alloué aux Roms, leur intégration sociale constitue un objectif important pour le FSE (fonds social européen) en Roumanie. La Commission s'est félicitée de ce que les autorités roumaines et les ONGs de Roms définissent les possibilités d'investissements pour améliorer la situation des Roms dans leur pays et les intégrer sur le marché du travail. Ceci veut dire qu'un budget significatif de 83 millions d'euros venant du FSE a été alloué pour 31 projets qui ciblent les Roms. Des 3,5 milliards d'euros alloués par le FSE au développement des ressources humaines en Roumanie entre 2007 et 2013, environ 540 millions d'euros sont attribués à la promotion de l'inclusion sociale. Des actions en faveur des Roms sont également éligibles sous d'autres priorités telles l'éducation et les mesures actives pour l'emploi.
Il est également important d'avoir un cadre politique cohérent pour toute intervention. Le plan d'action signé par les gouvernements français et roumain prépare les bases d'un tel plan d'action et devrait être suivi par un document stratégique plus compréhensif. Vu les désavantages auxquels sont sujets les Roms dans les différents domaines déjà cités, l'approche multisectorielle semble la plus intéressante pour les communautés Roms et cette approche devrait être prise en compte dans toute initiative politique ou législative. Et bien-entendu, un cadre politique national ne pourra être efficace s'il n'est suivi d'interventions au niveau local. Les acteurs locaux restent les mieux placés pour déterminer les besoins des populations locales ainsi que la façon d'y répondre. Le rôle de la société civile est également essentiel dans ce cadre.
Après son intervention, le commissaire Andor visitera sur le terrain différents projets, parmi lesquels des projets d'écoles, « Read with me » dans le secteur Ferentaire, et « Jilava » (qui reçoit 5 millions d'euros du FSE), ainsi que le projet BNS Trade Confederation portant sur l'économie sociale. Ce dernier projet a été établi par BNS (Trade Union Bloc), l'une des quatre plus grandes confédérations syndicales en Roumanie, en partenariat avec Consorzio ABN Imprezza Sociale. Il est intitulé « Incubateurs pour des entreprises d'économie sociale à Bucarest ». Il reçoit du FSE environ 400.000 euros (y compris la contribution nationale). Un communiqué de BNS souligne qu'actuellement 15 personnes y sont employées (des Roms, des personnes handicapées et relevant d'autres groupes vulnérables dans quatre types d'activité: Call center, catering, distribution et nettoyage. Le tout sous la direction de BSN. (G.B.)