Bruxelles, 11/10/2010 (Agence Europe) - Pas d'accord sur tout mais un accord au moins sur ce que pourra être l'accord climatique de Cancún. À défaut d'avancée majeure, l'ultime session préparatoire de négociations climatiques onusiennes, qui s'est achevée samedi 9 octobre à Tianjin en Chine, est porteuse d'un espoir: celui qu'à Cancún (seizième conférence des parties à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, COP 16, 29 novembre/10 décembre) la communauté s'entendra sur un paquet de décisions concrètes pour l'après-2012.
Depuis la déception de Copenhague (COP 15, en décembre dernier), c'est là le minimum requis auquel Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'Action pour le climat, n'a cessé d'appeler pour pouvoir escompter la conclusion d'un accord global, complet, contraignant et ambitieux en 2011 (COP 17 en Afrique du Sud). Mais il faut plus, souligne-t-elle dans un communiqué publié le 9 octobre. Elle se réjouit de cette « convergence de vues salutaire sur la nécessité que Cancun débouche sur un paquet de décisions équilibrées qui fera avancer l'action globale pour combattre le changement climatique ». C'est, déjà beaucoup quand sont en jeu le financement de la lutte contre le changement climatique, les transferts de technologies du Nord vers le Sud, la réduction de la déforestation tropicale et l'adaptation au changement climatique.
Pour autant la commissaire juge que « les progrès obtenus à Tianjin ont été très inégaux et beaucoup trop lents », notamment pour ce qui est de traduire les éléments clés de l'accord de Copenhague en textes onusiens. « L'absence de progrès sur cette question et le fait que certaines parties aient donné des signes de recul par rapport à l'accord de Copenhague sont pour nous source de préoccupation quant à l'équilibre de l'ensemble des décisions attendues à Cancún », souligne Connie Hedegaard, consciente de l'étendue du travail à fournir pour « combler le fossé », elle assure que « Nous, à l'Union européenne, ferons tout ce qui est en notre pouvoir » pour contribuer au succès.
Tous reconnaissent, à l'instar de Cristiana Figueres, secrétaire exécutive de l'UNFCCC, que Tianjin a le mérite d'avoir permis aux gouvernements d'identifier ce qui est faisable et ce qui pourra être renvoyé à plus tard. Les ONG de l'environnement, comme Friends of the Earth International, sont toutefois déçues que «les pays riches continuent à refuser de remplir leurs obligations de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et de fournir des financements pour aider les pays en développement à s'attaquer au changement climatique ». Le fait que l'établissement d'un fonds global pour le climat soit « à portée de main » constitue néanmoins, à leurs yeux, « une « lueur d'espoir pour Cancún ». Greenpeace International, convaincu que seule la volonté politique permettra d'accélérer les progrès, appelle les gouvernements à « agir pour le Climat et non pas uniquement pour leur propre intérêt ». (A.N.)