Bruxelles, 11/10/2010 (Agence Europe) - La présidence belge de l'UE a inscrit la Serbie à l'ordre du jour du Conseil Affaires générales du 25 octobre dans l'espoir d'aboutir à un consensus pour inviter la Commission européenne à préparer son « avis » sur la demande d'adhésion serbe. Cette décision, comme toute autre dans le processus d'adhésion, doit être prise par les 27 à l'unanimité. Cependant, à ce stade, tout semble indiquer que les Pays-Bas maintiendront leurs réserves bien connues concernant le manque de coopération de Belgrade avec le Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie (TPIY). La candidature serbe, déposée en décembre 2009, restera donc très probablement bloquée dans une situation de « 26 contre 1 ». Tous les autres pays membres estiment en effet qu'il est temps de récompenser la Serbie pour les réformes pro-européennes déjà accomplies et, surtout, pour son attitude constructive lors de la préparation et l'adoption de la résolution à l'ONU sur le dialogue avec le Kosovo (EUROPE n°10211).
Steven Vanackere, le ministre belge des Affaires étrangères qui préside actuellement le Conseil Affaires générales, est conscient de l'opposition néerlandaise qui risque de faire échouer la discussion ministérielle du 25 octobre, « mais, jusqu'à nouvel ordre, il a toujours l'intention de maintenir ce dossier à l'ordre du jour du Conseil », ont affirmé lundi 11 octobre des sources diplomatiques belges. Qui soulignent aussi qu'il y a une « forte demande » de la part des autres États membres de faire avancer la candidature serbe.
Les Pays-Bas réclament une coopération pleine et entière de la Serbie avec le TPIY et l'arrestation des criminels de guerre Ratko Mladic et Goran Hadzic. Sauf surprise de dernière minute sur ces deux dossiers, le nouveau gouvernement néerlandais - qui est actuellement en phase finale de formation - ne devrait pas donner son feu vert à l'étape suivante du processus d'adhésion de la Serbie d'autant plus que les récentes déclarations du procureur du TPIY, Serge Brammertz, sur la coopération avec les autorités serbes n'étaient pas démunies de critiques. En juin dernier, après de longs mois de blocage par les Pays-Bas, le Conseil avait déjà décidé, à l'unanimité, d'entamer la ratification de l'accord de stabilisation et d'association (ASA) signé en avril 2008 avec Belgrade. En décembre 2009, les 27 avaient dégelé l'ASA intérimaire qui permet la mise en œuvre des dispositions commerciales de l'ASA, dans l'attente de la ratification de ce dernier. Ces deux décisions faisaient suite à des rapports encourageants de M. Brammertz sur la coopération avec le TPIY. (H.B.)