Bruxelles, 07/07/2010 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a présenté, mardi 6 juillet, au Parlement européen, la proposition sur la gouvernance économique et sur le monitorage des budgets nationaux (voir ample résumé dans EUROPE n° 10170), proposition qui permettra de renforcer concrètement la coordination des politiques économiques, notamment en ce qui concerne le Pacte de stabilité et de croissance (PSC). La réponse à la crise est une réponse globale, basée sur une approche préventive, sur des règles plus efficaces et sur un système de surveillance plus rigoureux, a précisé M. Barroso. Un « cocktail » d'encouragements et de sanctions assurera que les pays qui ne respectent pas les règles en assumeront les conséquences, tous les pays étant traités de façon strictement égale. Un mécanisme automatique et un calendrier précis permettront d'intervenir « avant que la situation échappe à tout contrôle ». La rigueur budgétaire, a ajouté le président de la Commission, ne doit pas décourager l'innovation et la création d'emplois: au contraire, elle devrait contribuer à la création d'un « cercle vertueux » dans lequel la croissance d'un pays encouragera celle des autres. L'union économique et monétaire doit enfin être dotée des instruments nécessaires pour son succès. José Manuel Barroso est confiant et promet au Parlement que la Commission utilisera son droit d'initiative pour répondre à l'attente des citoyens.
Le Parlement européen a réagi de façon assez positive à la proposition de la Commission. Si l'accord du PPE, exprimé par la Néerlandaise Corien Wortmann-Kool, est pratiquement total, le porte-parole du groupe S&D, le Britannique Stephen Hughes, a exprimé certaines réserves: la Commission ne tient pas assez compte, à son avis, du problème du chômage et de la justice sociale. Très bien, a ajouté, pour le groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt, qui s'est cependant interrogé sur qui va gérer la gouvernance économique. Selon l'ancien Premier ministre belge, c'est une question qu'on ne peut laisser aux seuls gouvernements. Quant aux sanctions, si on les veut, on doit les appliquer à tous les domaines, et pas seulement au Pacte de stabilité. M. Verhofstadt exige également une stratégie crédible de croissance économique: il ne suffit pas de réduire les déficits, et c'est moi qui vous le dis, un ancien ministre du budget. Sur la supervision financière, qui a fait l'objet d'un plus large débat, il a martelé: il n'y aura pas d'accord avec le Parlement si le Conseil n'accepte pas que c'est l'autorité européenne qui doit avoir le dernier mot en cas de conflit. On ose enfin parler de déséquilibres, a remarqué le vert allemand Sven Giegold, en regrettant par ailleurs que certains grands domaines de l'économie restent incontrôlés. Certains prétendent que les États-Unis sont plus avancés que l'Europe dans leurs propositions de supervision, a enfin constaté la Britannique Kay Swinburne, or ils ont annoncé un accord, mais les 27 avancent plus rapidement sur le plan législatif. (L.G.)