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Bulletin Quotidien Europe N° 10176
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/islande

Les députés pour l'ouverture des négociations d'adhésion

Bruxelles, 07/07/2010 (Agence Europe) - Le Parlement européen s'est prononcé, mercredi 7 juillet, en faveur de l'ouverture des négociations d'adhésion avec l'Islande - les députés soutiennent donc la décision du Conseil européen du 17 juin -, estimant que l'adhésion du pays « peut servir les intérêts aussi bien de l'île que ceux de l'Union ». Dans une résolution rédigée par le Roumain Cristian Dan Preda (PPE) et adoptée à main levée, le PE estime aussi que le différend sur le remboursement des épargnants britanniques et néerlandais victimes de la faillite de la banque Icesave doit être résolu « bilatéralement ». Le PE insiste également pour que l'Islande cesse de pratiquer la chasse à la baleine et lève toutes les réserves qu'elle a émises devant la Commission baleinière internationale. Le PE reconnaît que l'Islande gère ses ressources marines de manière responsable et durable et compte sur une « attitude constructive, tant de la part de l'Union que des autorités islandaises » lors des négociations sur l'intégration du pays dans la politique européenne commune de la pêche. L'opinion publique islandaise étant de plus en plus sceptique à propos d'une future adhésion à l'UE, le PE encourage Reykjavik à lancer un débat public pour répondre aux préoccupations des citoyens à propos de l'UE.

Débat. Au nom de la présidence belge, le ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere, a souligné que l'Islande, même si elle est déjà bien avancée dans la reprise de l'acquis, sera traitée comme tous les autres candidats, c'est-à-dire sur base de ses mérites propres. Une fois que le cadre de négociation sera adopté par le Conseil - sans doute déjà lors du Conseil Affaires générales du 26 juillet -, la Commission procédera à l'examen analytique (screening) de la législation islandaise, avant le véritable début des négociations. Combien de temps dureront ces négociations ? Le fait que l'Islande fasse déjà partie de l'Espace économique européen et de la zone Schengen et qu'elle bénéficie de l'aide pré-adhésion va faciliter les choses, mais M. Vanackere n'estime pas opportun que le Conseil fixe déjà un calendrier « artificiel ». Et il rappelle que les négociations seront probablement « un peu moins aisées » en ce qui concerne la pêche ou la chasse à la baleine. Le commissaire Stefan Füle a indiqué que la première réunion de négociation (conférence intergouvernementale) avec l'Islande devrait se tenir le 27 juillet, au lendemain de l'adoption du cadre de négociation. La Commission fournira à l'Islande toute l'aide technique nécessaire au cours des négociations, et, dans le cadre du screening chapitre par chapitre (un exercice qui devrait aboutir vers la moitié de l'année 2011), œuvrera pour que les chapitres les plus sensibles soient ouverts rapidement pour donner à l'Islande le temps de remplir les critères. Malgré quelques doutes concernant les autorités judiciaires, l'Islande est une démocratie, a reconnu le rapporteur Cristian Dan Preda. Sur le plan économique, elle remplit les critères de Copenhague et devrait être encouragée à entrer dans la zone euro dès que cela sera possible. Pour le groupe S&D, l'Italien David-Maria Sassoli estime que des progrès sont indispensables dans certains domaines, notamment celui de la désignation des magistrats. Et les Islandais ne doivent pas invoquer des prétextes scientifiques pour justifier la chasse à la baleine si elle est motivée par des raisons commerciales, dit-il. Le parlement islandais est le plus ancien de notre continent, a ajouté le Néerlandais Johannes van Baalen, pour le groupe ADLE. Pour le Britannique Charles Tannock (CRE), l'absorption de l'Islande dans l'UE serait aisée: on ne doit pas craindre des mouvements migratoires massifs, à son avis (il en irait autrement pour la Turquie, affirme-t-il). L'Europe ne doit pas devenir une machine de propagande, a protesté, pour la GUE/NGL, le Danois Soren Sondergaard: l'adhésion ne présente pas seulement des avantages pour l'Islande, et il faut le dire clairement. Faut-il vraiment négocier avec l'Islande si 70% de sa population est contre l'adhésion ? La question est posée par le Finlandais Timo Soini (EFD) qui exhorte les Islandais à ne pas se faire influencer et à décider librement ; ils vivent dans un pays riche et indépendant, comme les Norvégiens, a rappelé M. Soini (tout en précisant qu'il ne se « plaint pas » de l'adhésion de son propre pays à l'Union.). D'autres sont plus radicaux: ne laissez pas faire que l'Union détruise vos ressources de pêche, s'est exclamé Nick Griffin du British National Party, alors que Nigel Farage (UKIP) en arrive à manifester son envie à l'égard de « ces bienheureux Islandais » qu'il invite à « réfléchir avant de se jeter à l'eau ». (H.B./L.G.)

 

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