Bruxelles, 28/06/2010 (Agence Europe) - Eurostat, l'Office européen des statistiques, a rendu public son rapport annuel sur la charge fiscale dans l'Union européenne, qui mesure les impôts (in)directs plus les cotisations sociales par rapport au PIB (données corrigées des variations conjoncturelles). Il observe que, pour 2008, cette charge fiscale s'élevait respectivement à 39,3% et 39,7% du PIB dans l'UE et la zone euro. Elle présente de fortes disparités selon les États membres: elle est inférieure à 30% dans quatre États membres (Irlande, Lettonie, Roumanie, Slovaquie) et avoisine les 50% au Danemark et en Suède. Entre 2000 et 2008, les plus fortes baisses de la charge fiscale ont été observées en Slovaquie (de 34,1% à 29,1%) et en Suède (de 51,8% à 47,1%). Les plus fortes hausses l'ont été à Chypre (de 30,0% à 39,2%) et à Malte (de 28,2% à 34,5%). Dans l'UE, l'imposition du travail demeure la principale source de recettes fiscales (plus de 40% du total) suivie des taxes sur la consommation (environ 25%) et de l'imposition du capital (plus de 20%). Le travail est le plus lourdement taxé en Italie, la consommation au Danemark, le capital au Royaume-Uni.
Le rapport détaille les mesures fiscales prises pour contenir les effets de la crise, accompagnées d'une quantification de leur impact budgétaire. La charge fiscale qui pèse sur les sociétés n'a pas diminué, les États membres traitant leurs problèmes de liquidité en autorisant un paiement différé. En 2010, le taux maximal d'imposition sur les revenus des personnes physiques a augmenté dans l'UE surtout en raison d'une hausse au Royaume-Uni (de 40% en 2000 à 50% en 2010). Il était le plus élevé en Suède (56,4%), le plus bas en Bulgarie (10,0%). Le taux d'imposition des sociétés a poursuivi sa baisse, le taux le plus élevé étant observé à Malte (35,0%) et le plus faible en Bulgarie (10,0%). Entre 2000 et 2010, les plus fortes diminutions de l'impôt sur le revenu sont à mettre au crédit de la Bulgarie (de 32,5% à 10,0%) et de l'Allemagne (de 51,6% à 29,8%). Le taux normal moyen de TVA a quant à lui augmenté, passant de 19,2% en 2000 à 20,2% en 2010. Resté inchangé dans treize États membres, il a augmenté dans douze autres (de 18,0% à 23,0% en Grèce) et a diminué seulement en Slovaquie et en République tchèque. (M.B.)