Bruxelles, 22/03/2010 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a pressé, lundi 22 mars, la Suisse et la Libye de trouver rapidement une solution pour mettre un terme à leur contentieux autour des visas de l'espace Schengen. À l'occasion de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères, Mme Ashton, qui veut voir « un signe immédiat » de la part des deux pays, « a exhorté les deux parties à trouver une solution diplomatique dès que possible », a déclaré une source diplomatique. Le sujet a été mis à l'ordre du jour à la demande de Malte et de l'Italie, qui demandent à Berne de renoncer à sa liste noire de responsables libyens interdits d'entrée dans l'espace Schengen. Pour tenter d'avancer dans les négociations, le chef de la diplomatie européenne rencontrera cette semaine la ministre suisse des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey. La rencontre avec le ministre libyen des Affaires étrangères, Moussa Koussa, qui aurait dû avoir lieu lundi a été annulée. Le ministre autrichien des Affaires étrangères, Michael Spindelegger, a évoqué la possibilité que le représentant libyen puisse participer à la réunion de mercredi, même si rien n'a officiellement été confirmé. Lors de la conférence de presse, Mme Ashton a indiqué que l'Allemagne et l'Espagne faisaient office de médiateurs dans cette affaire et qu'elle était également directement impliquée dans les pourparlers. « Des discussions sont en cours (…) Nous verrons ce qui va se passer dans les 48 heures à venir », s'est-elle contenté de dire. Même son de cloche du côté de l'Allemagne. « Les discussions battent leur plein », a déclaré le secrétaire d'État allemand Werner Hoyer, avant de préciser: « Il est plus que temps que cette histoire désagréable trouve une issue ». Une guerre diplomatique est ouverte depuis plusieurs semaines entre la Suisse et la Libye. La Suisse a inscrit 188 personnalités libyennes, dont le président libyen Mouammar Kadhafi, sur la liste noire des personnes ne pouvant plus obtenir de visas pour l'espace Schengen. Du coup, Tripoli a suspendu la délivrance de visas aux ressortissants des pays de l'espace Schengen. Devant l'impasse des négociations, l'Italie et Malte ont exigé de la Suisse qu'elle annule la mesure prise à l'encontre des personnalités libyennes et menace de contourner l'interdit suisse si une solution diplomatique n'est pas trouvée d'ici au 5 avril (EUROPE n° 10099). Lors de la réunion, le ministre italien des Affaires étrangère, Franco Frattini, n'a pas réitéré officiellement sa menace. Mais plusieurs pays seraient d'ores et déjà prêts à utiliser cette nouvelle possibilité: outre l'Italie et Malte, l'Espagne, le Portugal et la Slovénie. En effet, le ministre maltais Tonio Borg a affirmé, selon Times of Malta, que son pays n'hésiterait pas à délivrer des visas à territorialité limitée aux voyageurs libyens si le contentieux avec la Suisse perdurait. (B.C.)