login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10103
Sommaire Publication complète Par article 36 / 37
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 863

*** JEAN-LOUIS DEROUET, MARIE-CLAUDE DEROUET-BESSON (sous la dir. de): Repenser la justice dans le domaine de l'éducation et de la formation. Peter Lang (1 Moosstrasse, Postfach 350, CH-2542 Pieterlen. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ) et Institut National de Recherche Pédagogique (Lyon. Internet: http://www.inrp.fr ). Collection « Exploration - Recherches en sciences de l'éducation ». 2009, 225 p., 56,70 €. ISBN 978-3-03911-800-7 et 978-2-7342-1131-0.

Les lecteurs de l'Agence Europe ne sont sans doute pas, dans leur immense majorité, des spécialistes des problématiques de l'éducation et de l'enseignement, mais certains parmi eux ont sans doute des enfants aux études et tous, en tout cas, ont un passé scolaire et universitaire. Comme ils sont en outre engagés dans la Cité, nationale et/ou européenne, le choix de cet ouvrage pour ouvrir cette Bibliothèque européenne ne relève pas de l'erreur d'appréciation: au fil de ces pages, c'est le monde - et l'Europe en particulier - tel qu'il est et tel qu'il se façonne à travers les méthodes d'éducation et d'enseignement privilégiées qui se trouve scientifiquement éclairé. Et c'est d'autant moins une erreur que l'action de l'Union européenne en ce domaine est bien moins négligeable que beaucoup seraient tentés de le penser de prime abord.

Une interrogation fondamentale sous-tend les raisonnements consignés dans l'ouvrage: « Quelles sont les conditions à remplir pour qu'un projet d'éducation rencontre le sens ordinaire de la justice ? » À partir de la Révolution française, l'idéal de justice s'est confondu avec l'objectif d'égalité. Progressivement, celui-ci s'est affiné au cours du siècle précédent pour promouvoir l'égalité des chances, avec l'introduction d'une sélection par le mérite censée sublimer toutes les formes d'inégalité. Cette quête aurait débouché à son tour sur une impasse à la fin des Trente Glorieuses, ramenant à une « interrogation qui constitue le cœur de la philosophie politique de l'éducation depuis son origine: comment travailler à la fois pour tous et pour les meilleurs ? » En clair, ainsi que l'indiquent les coordinateurs du livre dans leur introduction, « la formation des élites et le soutien accordé aux plus faibles constituent deux faces d'un même Janus ». Pour les embrasser toutes deux, le monde anglo-saxon a inventé, dans la dernière partie du siècle dernier, deux concepts nouveaux. D'abord, l'objectif d'égalité de résultat qui, dans la foulée des rapports américains « A Nation at Risk » et « No Child Left Behind », a réhabilité l'intérêt pour la formation des élites afin qu'une société puisse maintenir son rang au sein de la concurrence mondiale, cet intérêt étant tempéré par la reconnaissance que « la cohésion sociale, comme l'efficacité économique, implique le souci de la réussite de tous », à l'aune des possibilités de chacun. L'autre évolution a consisté à « passer de l'idéal d'égalité à celui d'équité » en s'appuyant sur la tradition anglo-saxonne du traitement de la pauvreté qui veut que l'on ne donne pas « la même chose à tout le monde mais à chacun ce dont il a besoin », ce qui ne peut se faire efficacement qu'au plan local. Ces évolutions ont peu à peu préparé la mise en place de « l'État managérial » censé revivifier l'État-providence et favorisé « la gestion libérale: obligation de résultats pour les enseignants et les élèves, concurrence entre les établissements, rémunération des enseignants en fonction des performances des élèves ».

Le but de l'analyse qui est offerte au fil des pages par des historiens, psychologues, sociologues de l'éducation ou du travail « n'est pas de sonder les reins et les cœurs de ceux qui ont introduit le libéralisme en croyant servir l'État-providence », les auteurs se gardant d'ailleurs de verser dans le manichéisme. Il est, par contre, de décrypter savamment les processus par lesquels s'opère le passage d'un modèle à l'autre, d'étudier les « tuilages » qui caractérisent la période contemporaine et de poser de bonnes questions pour l'avenir. Cette démarche les amène aussi à relever que l'Europe communautaire est un acteur non négligeable en cette affaire. D'abord par ses directives qui, « dans une conjoncture d'obligation de résultats et de concurrence », font « du local le lieu du marché » en termes d'enseignement et de formation. Ensuite, plus concrètement encore, par la Stratégie de Lisbonne, le programme « L'éducation et la formation tout au long de la vie » et la Méthode ouverte de coordination qui influent substantiellement sur la manière dont l'enseignement évolue dans l'Union. À cet égard, Eric Verdier montre très clairement que l'Union ne promeut en rien « l'alignement inéluctable sur une unique conception du recours réitéré à la formation ou (…) une seule alternative entre une formation ajustée aux exigences du management et une seconde chance réparatrice ». Il discerne dans les États membres pas moins de cinq régimes d'action publique qui, portant la marque d'héritages historiques diversifiés, peuvent se fertiliser par le biais de l'échange des bonnes pratiques sans perdre leur originalité dominante dans la quête de la justice. En clair, en ce domaine aussi, l'action publique européenne mérite mieux que « l'excès d'honneur ou d'indignité » qui l'assimile soit à « la figure de l'exécutant des basses œuvres de la mondialisation néolibérale », soit à « l'impuissance d'un discours incantatoire, prisonnier des égoïsmes nationaux et de l'inefficacité bureaucratique de la Commission ».

Michel Theys

*** Étudier ou enseigner à l'étranger 2010 - 2011. Wallonie-Bruxelles International (2 place Sainctelette, B-1080 Bruxelles. Tél.: (32-2) 4218211 - fax: 4218787 - Courriel: wbi@wbi.be - Internet: http://www.wbi.be ). 2009, 178 p..

Destinée aux jeunes francophones de Belgique, cette brochure publiée par un département de la Communauté française Wallonie-Bruxelles est de nature à donner des idées à tous les jeunes d'Europe tentés par la mobilité. Consultable à loisir sur Internet (http://www.wbi.be/bourses ), ce guide présente différentes bourses d'études et stages disponibles, y compris dans le domaine de l'enseignement. Outre les programmes nationaux, des informations utiles sont données sur les différents programmes de l'Europe communautaire (Comenius, Erasmus, Leonardo da Vinci, Grundtvig, Programme Jean Monnet, Tempus, Jeunesse en action), ainsi que sur les facilités offertes d'autres institutions internationales telles que l'Agence universitaire de la francophonie, le Conseil de l'Europe ou, même, l'Otan.

(PBo)

*** JÖRG MICHAEL VOSS: Pluraler Rundfunk in Europa - Ein duales System für Europa? Rahmenbedingungen für den öffentlich-rechtlichen Rundfunk in einer europäischen dualen Rundfunkordnung / Unter Berücksichtigung der Anforderungen der europäischen Meinungs- und Medienfreiheit. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection « Studien zum deutschen und europäischen Medienrecht », n° 33. 2008, 383 p., 52,80 €. ISBN 978-3-631-57077-7.

Ce livre analyse les systèmes de radiodiffusion dans l'Union européenne, en centrant son étude sur la double organisation qui prévaut en Allemagne et dans d'autres pays membres. À la lumière de la Charte des droits fondamentaux, l'auteur s'emploie à déterminer quelles sont les conditions-cadres juridiques pour une radiodiffusion publique en Europe. Les structures existantes en la matière étant en constante évolution, il tente également d'identifier quelles fonctions occupe et devrait occuper la radiodiffusion dans le système européen. Tout en examinant les demandes de l'opinion publique européenne et la question de la liberté des médias, l'ouvrage livre une recherche approfondie du traitement national et européen de la radiodiffusion, en insistant sur la problématique du partage des compétences dans ce domaine.

(EPi)

*** TAMMY BOYCE, JUSTIN LEWIS (sous la dir. de): Climate Change and the Media. Éditions Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection « Climate Change and the Media », n° 5. 2009, 261 p., 22,50 €. ISBN 978-1-4331-0460-2.

Ainsi que son nom l'indique, cet ouvrage cherche à comprendre comment les médias traitent la question du changement climatique et s'emploie à cerner leur part d'influence dans la formation de l'opinion publique sur cette problématique. Académiciens, journalistes et chercheurs en sociologie et climatologie, les auteurs examinent, dans un premier temps, la responsabilité des médias dans le changement climatique - difficile à établir étant donné le caractère éphémère et virtuel des preuves - et avancent qu'ils pourraient, par exemple à travers l'invitation à la surconsommation qu'est la publicité, avoir une part de responsabilité dans le changement climatique aussi grande que celle de l'industrie de l'aviation. La deuxième section de l'ouvrage s'intéresse à l'évolution de la couverture médiatique sur cette problématique. Ainsi dans un premier temps, les sceptiques ont fait que l'opinion publique était largement divisée sur le sujet, la majorité des médias s'accorde de plus en plus à valider les dires de la majorité du corps scientifique. Les études montrent la multiplication de documentaires et téléfilms plaidant pour la cause du changement climatique et ayant pour but de convaincre l'opinion publique que la question ne peut être évitée. Cette section s'attarde aussi sur les tentatives dites de « désinformation » mises en place par des lobbys parrainés par les industries, à l'instar des tactiques analogues utilisées naguère - et aujourd'hui encore - par l'industrie du tabac. Les relations publiques et les différentes formes de communication utilisées dans ce domaine sont ensuite épluchées dans la troisième partie. Ici, le rôle des ONG et d'Internet est abordé et, bien qu'elles aient contribué à augmenter la prise de conscience du public à travers leurs efforts de communication, il ressort que ces campagnes de relations publiques ont plutôt un effet de distorsion sur la compréhension des citoyens à propos du changement climatique. La dernière partie du livre propose une analyse de la couverture médiatique à travers le monde. On y trouve que les journalistes des pays en voie de développement ont bien des difficultés pour couvrir le sujet étant donné leur forte dépendance des sources occidentales pour avoir des sujets et des informations, ou encore que la couverture faite par les médias chinois, généralement en réaction aux nouvelles des médias occidentaux, n'est apparemment pas sujette au contrôle rigoureux du gouvernement. En conclusion, l'ouvrage propose un passage en revue des diverses approches des journaux européens en la matière et cherche à en tirer des leçons susceptibles d'être appliquées dans d'autres pays.

(NDu)

*** ROBERT KANDEL: Tuning the tide on climate change. CEFIC (4 av. Van Nieuwenhuyse, B-1160 Bruxelles. Tél.: (32-2) 6767211). 2009, 100 p..

Dans cet ouvrage à la mise en page léchée et richement illustré, l'astrophysicien Robert Kandel, qui est réputé aussi pour ses talents de vulgarisateur des matières scientifiques les plus ardues, confirme la pertinence du diagnostic posé par les experts, à l'instar du Dr. Pachauri qui signe l'avant-propos: les gaz à effet de serre favorisés par les activités humaines sont la cause dominante du changement climatique en cours. Point de défaitisme toutefois dans ces pages qui ont été écrites grâce au soutien de l'association représentative de l'industrie chimique: à l'heure actuelle, les secteurs industriels constituent une partie du problème, mais ils sont aussi une partie de la solution pour autant que l'innovation soit mobilisée au service d'un avenir durable. Selon l'auteur, une mobilisation en ce sens existe, tant au plan de la production que de la consommation, par exemple sous l'angle de l'intérêt désormais accordé à l'efficacité énergétique. Robert Kandel formule des recommandations afin que cette mobilisation monte en puissance et que l'Europe, du fait de ses ressources limitées, puisse davantage encore faire mieux avec moins grâce au concours prometteur, entre autres, de ses chimistes.

(MT)

*** ELOI LAURENT, JACQUES LE CACHEUX: Une Union sans cesse moins carbonée ? Vers une meilleure fiscalité européenne contre le changement climatique. Notre Europe (41 bld. des Capucines, F-75002 Paris. Tél.: (33-1) 44589797 - fax: 44589799 - Courriel: info@notre-europe.eu - Internet: http://www.notre-europe.eu ). Collection « Etudes & Recherches », n° 74. 2009, 79 p..

Le temps file vite: c'est à l'automne… 1990 que les ministres de l'Environnement et de l'Énergie des pays de l'Europe communautaire ont parlé pour la première fois de stabilisation des émissions de CO2. Et dans les mois qui suivaient, la Commission proposait d'instaurer une taxe carbone afin d'orienter durablement les structures productives et les modes de consommation vers une faible intensité carbonique et énergétique. Que l'Union se soit ainsi affirmée en précurseur, c'est bien, mais le problème est que les actes n'ont pas suivi. Pour consolider l'avantage écologique comparatif dont dispose toujours l'Union, deux économistes proches du laboratoire de pensée créé par Jacques Delors proposent, dans cette brève étude, une réforme de la fiscalité européenne qui s'attaquerait à la fois au marché européen de permis d'émissions et aux régimes fiscaux du carbone. Pour les auteurs, elle en sortirait gagnante tout à la fois sur les plans géopolitique, économique et démocratique, sans compter qu'elle se doterait ainsi « d'un nouvel idéal susceptible de resserrer les liens quelque peu distendus entre ses États membres ».

(MT)

*** Responsabilité & Environnement. Éditions ESKA (12 rue du Quatre-Septembre, F-75002 Paris. Tél.: (33-1) 42865573 -fax: 42604535 -Courriel: eska@eska.fr -Internet: http: //http://www.eska.fr ). 2009, n° 56, 184 p., 23 €. Abonnement: 81 € (France) ou 98 € (étranger). ISBN 978-2-7472-1616-6.

Le « dossier » de cette revue qui est toujours d'excellente facture est consacré, dans ce numéro, à la problématique « l'adaptation au changement climatique ».

(PBo)

*** FRIEDRICH LENGER: Stadt Geschichten. Deutschland, Europa und die USA seit 1800. Éditions Peter Lang (voir coordonnées supra). 2009, 333 p., 44,90 €. ISBN 978-3-631-58855-0.

Cet ouvrage rassemble treize études sur l'urbanisation et le développement urbain en Allemagne, en Europe et aux États-Unis, depuis le 19ème siècle. Chaque chapitre offre une description globale de la ville et de sa signification dans la région et à l'époque ciblée. Les contributions peuvent être classées en trois catégories: celles privilégiant l'angle économique et démographique, celles qui favorisent les aspects politiques et administratifs, celles enfin qui examinent les villes avec un regard culturel et sociétal. Les thèmes abordés vont du problème des élites dans les villes américaines à l'urbanisation et à la migration interne en Allemagne en passant par l'avenir de la ville européenne, une comparaison de villes situées dans des pays différents étant aussi proposée.

(EPi)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE