Bruxelles, 22/03/2010 (Agence Europe) - L'UE a une nouvelle fois sévèrement critiqué la politique de colonisation d'Israël à Jérusalem-Est et dans les territoires occupés et appelé Israéliens et Palestiniens à reprendre les négociations en vue d'une solution basée sur la coexistence pacifique des deux États. Parlant à la presse lundi soir 22 mars, après le Conseil Affaires étrangères qui a eu un long débat stratégique sur le Proche-Orient en présence de Tony Blair (l'envoyé spécial du Quartette international), la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, a appelé Israéliens et Palestiniens à créer un environnement propice pour relancer les négociations et à s'abstenir de toute provocation ou action violente. Dans ce contexte, elle a explicitement déploré les récentes violences en Cisjordanie. « La récente escalade de violence risque de miner les efforts visant à mettre les deux parties autour d'une table », a déclaré Mme Ashton. L'UE est « déterminée et unie dans son message; nous partageons une même vision pour l'avenir » du Proche-Orient, a poursuivi la Haute représentante. « Nous soutenons les efforts de l'envoyé spécial américain, George Mitchell, de relancer les pourparlers de rapprochement » entre les deux parties le plus rapidement possible. Mais, a insisté Mme Ashton, ces pourparlers doivent avoir un objectif concret et pas avoir lieu « juste pour la forme ». « Nous voulons des résultats et de vrais engagements », a martelé Mme Ashton. Les négociations entre Israéliens et Palestiniens, une fois qu'elles seront relancées, devraient permettre d'aboutir à la solution des deux États « dans les deux ans », a-t-elle poursuivi. « Nous pensons que les négociations devraient aboutir, en dedans les deux ans, à une solution qui donne naissance à un État palestinien indépendant, démocratique et viable qui coexiste en paix et sécurité avec Israël et ses autres voisins », a affirmé Mme Ashton. Le même espoir a été exprimé vendredi dernier par le Quartette international à Moscou (voir ci-dessous).
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, était attendu lundi soir à Bruxelles ; il devait notamment avoir des entretiens bilatéraux avec ses homologues allemand, finlandais, néerlandais, lituanien et maltais. En revanche, la visite à Bruxelles du Premier ministre Benjamin Netanyahu, initialement programmée pour mercredi 24 mars (il devait notamment s'entretenir avec le président permanent du Conseil européen, Herman Van Rompuy et les Premiers ministres de Belgique, d'Italie et des Pays-Bas), a été annulée à la demande du chef du gouvernement israélien qui a prolongé son séjour pour rencontrer le président Barack Obama.
À l'arrivée au Conseil, lundi matin, le ministre espagnol des Affaires étrangères (et actuel président du Conseil Affaires générales), Miguel Angel Moratinos, avait déjà clairement annoncé la couleur. « L'UE a demandé le gel total des activités et nous allons continuer cette politique », a-t-il dit. « Des initiatives comme celles du gouvernement de Benjamin Netanyahu à propos des colonies sont totalement inacceptables », a aussi souligné son collègue finnois, Alexander Stubb, tout en jugeant « tout autant inacceptables » les tirs de roquettes de la bande de Gaza vers Israël.
Quartette. Vendredi 19 mars, à Moscou, les représentants du Quartette international (Hillary Clinton pour les États-Unis, Sergueï Lavrov pour la Russie, Catherine Ashton pour l'UE et Ban Ki-moon pour l'ONU) avaient déjà appelé le gouvernement israélien à suspendre toutes les activités de colonisation, y compris les extensions naturelles, à démanteler les postes érigés dans les territoires occupés depuis mars 2001 à cesser les travaux de démolitions à Jérusalem-Est. Le projet, annoncé récemment, de construire de nouveaux logements à Jérusalem-Est est explicitement critiqué. Le Quartette demande aussi la relance des pourparlers de rapprochement comme une étape importante vers la reprise, « sans conditions », des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens. À propos de Jérusalem, le Quartette a rappelé que l'annexion de Jérusalem-Est en 1967 n'est pas reconnue par la communauté internationale et que le statut final de la ville sainte doit être réglé par le biais des négociations. (H.B.)