Bruxelles, 07/09/2009 (Agence Europe) - Carl Bildt, ministre suédois des Affaires étrangères et président en exercice du Conseil de l'UE, a annulé le voyage qu'il devait faire, vendredi, en Israël. Cette visite aurait coïncidé avec une polémique croissante après la publication dans la presse suédoise d'un reportage affirmant que des prélèvements d'organes étaient faits sur des victimes palestiniennes. Israël, qui a qualifié d'antisémite le reportage du périodique Aftonbladet, a exigé qu'il soit condamné. Le gouvernement suédois estime toutefois qu'il n'a pas à censurer la presse. Le Jerusalem Post signale qu'une attachée à l'ambassade de Suède a annoncé l'annulation, laquelle a été confirmée par un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. Une porte-parole du ministre Bildt, citée par le journal, a tenu cependant à préciser qu'aucun voyage n'avait été annulé puisqu'aucune date n'avait auparavant été fixée. Selon elle, le déplacement de Carl Bildt ne saurait en aucune façon dépendre des publications de l'Aftonbladet. Le quotidien assure en tout cas que « le chef du gouvernement israélien qui n'avait pas l'intention de rencontrer le représentant suédois », « avait fait part de son mécontentement », la semaine dernière, à Javier Solana, Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et la sécurité commune.
L'annulation du voyage paraît être cependant davantage liée à la tension naissante dans les relations entre l'UE et Israël comme entre celui-ci et les États-Unis depuis l'annonce officielle par le gouvernement israélien de la construction de 366 nouveaux appartements en Cisjordanie. Le ministre de la Défense Ehoud Barak a même donné son feu vert, lundi 7 septembre, à la construction de 455 logements au total, alors que tous ses partenaires demandaient le gel des implantations dans l'espoir d'une relance du processus de paix. Les Palestiniens ont fait savoir qu'ils ne retourneraient pas à la table des négociations jusqu'à un gel total et, selon la presse locale, l'émissaire américain George Mitchell est attendu dans la semaine pour de nouvelles tentatives pour remettre le processus de paix sur les rails. Mais le Premier ministre israélien paraît pris en étau entre les demandes répétées des partenaires internationaux et celles des membres de sa coalition. « Benyamin Netanyahou a affronté, dimanche 6 septembre, les critiques les plus sévères depuis son retour au poste de Premier ministre. Le vice-Premier ministre Silvan Shalom l'a en effet accusé d'abandonner l'idéologie du parti en acceptant de rencontrer le chef de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas », note le Jerusalem Post. Pour Tzipi Livni, ancien chef de la diplomatie et leader de l'opposition, « le gouvernement joue un jeu dangereux en essayant de plaire à tout le monde ». Le porte-parole de son parti, Kadima, Shmoulik Dahan, va plus loin dans les accusations en déclarant à la presse que « Netanyahou est coupable d'une escroquerie sans précédent, tant envers sa propre coalition, qu'envers le meilleur de nos amis (États-Unis) ». (F.B.)