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Bulletin Quotidien Europe N° 9971
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/commission

M. Barroso espère une coalition des « pro-Européens » pour soutenir sa candidature et son « agenda de transformation »

Bruxelles, 07/09/2009 (Agence Europe) - Quelques heures avant sa première audition, lundi soir, devant le groupe des Conservateurs au Parlement européen (d'autres réunions suivront ces mardi et mercredi avec les élus du PPE, de la GUE, de l'ADLE, du S&D et des Verts), José Manuel Barroso a défendu lundi après-midi ses « orientations politiques » pour la prochaine Commission européenne (EUROPE n° 9969) et appelé tous les « pro-Européens » au PE à soutenir son programme et sa candidature pour un nouveau mandat à la tête de la Commission. « Ceci est un programme fortement pro-européen et j'espère qu'il aura l'appui de tous les pro-Européens au Parlement européen », a déclaré M. Barroso lors d'un débat organisé lundi par le Centre for European Studies (CES), le nouveau think-thank du Parti Populaire Européen (PPE). S'adressant visiblement aux socialistes, libéraux et verts, M. Barroso a lancé un appel « à tous les acteurs au Parlement européen pour qu'ils placent l'intérêt européen au-dessus de simples intérêts politiques » et qu'ils appuient son programme en faveur d'une « Europe ambitieuse ». Auparavant, en introduisant le débat, le président du PPE, Wilfried Martens, avait lui aussi plaidé pour une « étroite coopération » entre les trois grandes familles politiques (démocrates-chrétiens, socialistes, libéraux) « qui ont toujours soutenu l'intégration européenne » contre les eurosceptiques et qui, dans les temps actuels difficiles, portent une « responsabilité commune ».

L'Europe est arrivée à un point crucial, a souligné M. Barroso: « Soit elle parvient à jouer un rôle de leadership dans la mondialisation, soit elle risque de devenir insignifiante ». Pour le président de la Commission, l'Europe a toutes les chances de défendre le « modèle social européen » et ses valeurs pourvu que la prochaine Commission soit « forte » et qu'elle puisse concrétiser son « agenda de transformation » au cours des cinq prochaines années. Sans doute dans l'espoir de convaincre les socialistes de le soutenir, le président a mis un accent particulier sur l'aspect social de la future politique de la Commission. La principale priorité de la prochaine Commission sera de sortir de la crise économique et, plus particulièrement, d'avoir une « attention constante pour l'emploi ». En raison de la grave crise économique et de la hausse importante du chômage partout en Europe, « nous devons accorder une plus grande importance à l'inclusion sociale que nous ne l'avions fait au cours des cinq dernières années. Ceci fait partie du modèle social européen », a-t-il dit. Et d'ajouter: « Les gens sont préoccupés (par la crise et le chômage croissant) et nous devons y répondre par des instruments européens mais aussi nationaux ». « L'État et les marchés ne doivent pas être nos maîtres mais les hommes et les femmes doivent être au centre de nos politiques. Les marchés doivent servir les citoyens et pas l'inverse », a encore lancé celui que les socialistes et les verts au PE ont étiqueté d'« ultralibéral ». Certaines mesures sociales devront être prises au niveau européen (et la Commission en a déjà pris plusieurs ces dernières années, a insisté M. Barroso) mais les États membres ont aussi un « rôle très important » à jouer, conformément au principe de subsidiarité.

Lors du débat, le président de la Commission a aussi réitéré son attachement à la non-discrimination et à la protection des minorités (cette question, on le sait, préoccupe aussi beaucoup le groupe libéral ADLE): « La prochaine Commission luttera contre toute forme de discrimination ». Il a aussi souligné la nécessité de réguler les marchés financiers et plaidé pour un retour, dans l'économie, de certaines « valeurs importantes comme le travail dur et la discipline ». « Le travail dur devrait être la source de richesse, pas la spéculation », a-t-il dit. Sur le plan institutionnel, M. Barroso a aussi promis une « coopération loyale » avec le futur président stable du Conseil européen. Sous sa présidence, la future Commission insistera aussi pour une mise en œuvre rapide et efficace du « service diplomatique européen » prévu par le Traité de Lisbonne ainsi que pour la défense de la « méthode communautaire » dans tous les domaines, a dit le président. Sans vouloir s'engager sur le volume des prochaines perspectives financières post-2014 (que la prochaine Commission devra proposer), M. Barroso a rappelé qu'il a toujours défendu un budget plus ambitieux. (H.B.)

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