Stockholm, 07/09/09 (Agence Europe) - Le Proche-Orient et l'Afghanistan étaient au centre des discussions des ministres des Affaires étrangères des 27, rassemblés vendredi 4 et samedi 5 septembre à Stockholm pour une réunion informelle du Conseil. Le chef de la diplomatie suédoise et président en exercice du Conseil, Carl Bildt, a déclaré, s´agissant du conflit israélo-palestinien, que l´Europe était « inquiète du manque de progrès », en même temps qu´elle tenait « réellement à faire tout son possible pour lancer le processus de paix » dans la région. Alors que l´UE a appelé de ses vœux à une avancée dans la « normalisation des relations entre Israël et le monde arabe », l´ancien Premier ministre suédois a également fait savoir que le Conseil était préoccupé par les derniers développements sur le terrain, « notamment les implantations de colons, qui sont illégales et une entrave au processus de paix ». Javier Solana, le Haut Représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, a pour sa part exprimé le souhait « d´insuffler une nouvelle dynamique à la paix » lors de la prochaine réunion de l´Assemblée générale des Nations unies, à l´automne. Selon lui, l´Europe doit garder en ligne de mire « l´objectif de la création d´un État palestinien qui reposerait sur les frontières de 1967 ». Joignant sa voix à celle des ministres des 27, M. Solana a critiqué l´État hébreu et l´implantation de nouvelles colonies en Cisjordanie. Il a ainsi estimé qu´il était « très difficile d´envisager de définir de nouvelles frontières pour un nouvel État (palestinien, NDLR), si, en parallèle, on continue à implanter de nouvelles colonies ».
Deux semaines après l´élection présidentielle afghane du 20 août, que des soupçons de fraude sont venus entacher, l'Afghanistan a été le deuxième sujet majeur des discussions informelles des ministres des Affaires étrangères de l´UE. Ces derniers ont évoqué « le besoin d´une stratégie politique renforcée » dans ce pays, selon Carl Bildt, en complément du volet militaire, afin de l'aider dans sa reconstruction. Commentant le processus électoral afghan, M. Bildt a souligné que le pays se situait dans une « phase post-électorale » et de « pré-résultats », alors que les résultats du scrutin devraient être connus aux alentours du 17 septembre, soit un mois après la date des élections. Se fondant sur des « rapports », il a par ailleurs fait part de l´inquiétude des 27 face aux accusations de fraude dirigées contre le processus électoral afghan. Environ 700 plaintes ont été enregistrées par la commission électorale afghane à ce jour. Rappelant que l'Afghanistan était le premier producteur mondial d´héroïne, le chef de la diplomatie suédoise a aussi réaffirmé la nécessité de « lutter contre la culture du pavot ». Enfin, autre cheval de bataille des Européens dans ce pays, la lutte contre la corruption, essentielle à l´établissement d´un « état de droit », a souligné Carl Bildt.
Invité à réagir sur le bombardement vendredi dans le nord de l´Afghanistan de deux camions-citernes par des avions de l´OTAN, qui a causé la mort de 90 personnes, dont une majorité de civils, selon le gouvernement afghan, Carl Bildt a déclaré que « toute perte civile en Afghanistan est un drame ». Il a cependant précisé qu´une enquête avait été ouverte et qu´il fallait attendre ses conclusions avant de connaître les circonstances exactes de cet incident. Samedi, le ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner, avait vivement réagi à cet incident, le qualifiant de « grosse erreur ». Carl Bildt a estimé que « ce conflit ne sera pas gagné à travers des moyens militaires, mais par la mise en œuvre de moyens aidant à la stabilité et à la reconstruction de la paix ».
Le dossier de l´élargissement a également été abordé par les 27, rejoints samedi par les ministres des Affaires étrangères de la Croatie, de l'ex-République yougoslave de Macédoine et de la Turquie. Le président en exercice du Conseil, le Suédois Carl Bildt, a déclaré qu'il est « évident que nous voulons que le processus d´élargissement avance », rejoint en cela par Javier Solana, pour qui « les perspectives d´élargissement sont réelles ». Alors qu´un conflit territorial entre la Slovénie et la Croatie fait planer des incertitudes sur l´adhésion de la Croatie, Carl Bildt s'est félicité d´un « nouveau ton » entre les deux pays, jugeant qu´il était un « bon signe ». « J´espère que nous pourrons progresser au cours des prochains mois de la présidence suédoise pour que tous les Balkans occidentaux entrent dans une nouvelle phase du processus d´adhésion », a-t-il résumé. Sur la question de l´adhésion de la Turquie, à laquelle la France, entre autres, est opposée, Carl Bildt a déclaré « bien sûr » y travailler. À cet égard, et alors que la question chypriote constitue toujours une pierre d´achoppement dans les négociations d´adhésion entre la Turquie et l´UE, il a dit que les négociations à Chypre seraient « l´événement politique le plus important en Europe au cours des prochains mois ». (S.B.)