Bruxelles, 07/09/2009 (Agence Europe) - L'Union européenne entend hausser le ton vis-à-vis des États-Unis à propos de la probable introduction d'une taxe pour entrer aux États-Unis. Plusieurs États membres de l'Union européenne, en tête desquels l'Autriche, l'Allemagne et la Pologne, ont demandé la semaine dernière à la présidence suédoise d'être plus ferme à l'égard des Américains quant à l'introduction de cette nouvelle taxe qui s'apparenterait à une nouvelle forme de visa, a indiqué un diplomate. Une nouvelle loi, qui devrait être votée ce mardi par le sénat américain, - « Travel Promotion Act » de 2009 - prévoit en effet le paiement d'une taxe de 10 dollars pour entrer aux États-Unis qui servirait à financer la promotion touristique du pays (EUROPE n° 9931). L'UE voit dans la possible adoption de cette taxe un fardeau supplémentaire pour nombre de ses citoyens, lesquels doivent déjà depuis janvier dernier répondre à un questionnaire en ligne (ESTA) pour pouvoir se rendre au États-Unis sans visa (EUROPE n° 9818). « Il n'y a que dans Alice au pays des merveilles où une pénalité pourrait être considérée comme la promotion de l'activité elle-même sanctionnée », a déclaré vendredi John Bruton, chef de la délégation de la Commission européenne à Washington. De son côté, le congressiste démocrate William Delahunt, qui a parrainé le projet de loi en question, a déclaré qu'il s'agissait d'une « taxe nominale » et a exhorté l'UE à ne pas exagérer le problème. « C'est une tempête dans un verre d'eau », a-t-il dit. Toutefois, M. Bruton a déclaré que l'UE devra examiner si, en cas d'adoption de la loi, de nouveaux frais seraient considérés comme un « visa déguisé » pour ses voyageurs. Et le représentant de l'UE de rappeler que si tel était le cas, cela aurait des « conséquences fâcheuses » sur les voyages sans visa entre l'UE et les États-Unis, suggérant le fait que la Commission pourrait proposer de réintroduire des visas pour les ressortissants américains. À Bruxelles, la Commission européenne a indiqué, lundi 7 septembre, que si l'introduction d'une telle taxe avait lieu, celle-ci ferait l'objet d'une analyse pour voir dans quelle mesure elle s'inscrit dans le cadre de la réciprocité de la politique des visas entre l'UE et les États-Unis. Au cas où elle serait introduite, cette taxe « endommagerait » les aspects sécuritaires de l'accord transatlantique et n'irait pas dans le sens d'une mobilité accrue entre l'UE et les États-Unis, a souligné Michele Cercone, le porte-parole du vice-président de la Commission, Jacques Barrot. La Commission européenne proposera son 5ème rapport sur la réciprocité des visas avec les pays tiers, notamment avec les États-Unis, au mois d'octobre. Ce rapport devrait notamment s'attarder sur la question de la fameuse taxe. (B.C.)