Bruxelles, 09/07/2009 (Agence Europe) - Les hauts fonctionnaires chargés du suivi du Dialogue EuroMed, réunis mardi 7 juillet à Bruxelles, ont prévu de se retrouver jeudi 16 juillet, à Barcelone, pour poursuivre l'examen des statuts du futur secrétariat général de l'Union pour la Méditerranée (UpM).
Pour leur première rencontre effective depuis la crise de Gaza, le groupe de hauts fonctionnaires a considéré qu'une reprise de fait des activités a lieu, non pas parce que les motifs de la suspension de la participation du groupe arabe ont disparu mais par égard pour la position de l'UE dans le conflit avec Israël, a fait valoir en substance le représentant palestinien Majed Bamia.
La veille, au cours d'une session de coordination inter-arabe, une position « par défaut » a été exprimée - nul n'avait plus d'objections à ce sujet - en dépit du maintien de la position commune édictée par la Ligue arabe qui est d'éviter les réunions à caractère politique impliquant Israël. Cette position serait théoriquement maintenue et ne serait plus observée qu'au cas par cas. Cette situation entraîne d'autres remarques sur l'affaiblissement de la motivation des pays partenaires et le brouillard qui semble dominer les perspectives euro-méditerranéennes. Le risque serait, selon le professeur Tuomo Melasuo, de se trouver en position de « recul » (par rapport à l'an dernier, lancement de l'UpM à Paris) et, a-t-il indiqué, dans une interview au journal électronique MedAfrique, « cela n'est pas dû seulement à la guerre et à la crise de Gaza ». Le professeur Melasuo est directeur de recherches à l'université de Tampere en Finlande et dirige le projet de recherches sur la Méditerranée, TAPRI. Il est également membre du FEMISE (le réseau euro-méditerranéen des instituts de sciences économiques) et membre associé de la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures. « Nous allons avoir besoin que l'on mette un peu plus de bon sens dans tout cela (car) la démarche initiée à Paris paraît de plus en plus confuse et manque de cohérence ». « Il y a nécessité et urgence à revenir à la table et même, si j'utilise une image, à nettoyer la table de travail », a-t-il déclaré. Il observe aussi que « le 'deal' suédo-français (de partage de la coprésidence) fait fi des règles européennes et ne respecte pas l'égalité des 27 membres de l'UE ».
Par ailleurs, les hauts fonctionnaires, réunis lundi, se sont retrouvés en tant que membres du Conseil des gouverneurs de la Fondation Anna Lindh pour un examen du rapport d'activité et la désignation d'un président, en l'occurrence l'ambassadrice slovène Veronika Stabej, et d'un vice-président, le professeur tunisien Mohamed Mahjoub. La Fondation est financée pour moitié par la Commission européenne (5 millions d'euros) et l'autre moitié par des contributions des États membres.
Notons également que le bureau de l'APEM (Assemblée parlementaire EuroMed) s'est réuni le 4 juillet. Le nouveau Parlement européen devra encore décider du renouvellement de ses membres dans les structures de l'Assemblée.
Hans-Gert Pöttering cédera son poste au bureau de l'APEM au prochain président du Parlement européen. (F.B.)