Bruxelles, 09/07/2009 (Agence Europe) - L'élu de la CDU Karl von Wogau quitte le Parlement européen après trente ans, pour s'occuper davantage des questions de la défense et de sécurité, qui constituent, pour lui, le nouveau grand projet émergent de l'Union européenne. Présentant, jeudi 9 juillet, le bilan de la sous-commission défense et sécurité qu'il a présidée pendant les cinq dernières années, le député allemand du PPE-DE et président du groupe Kangaroo a appelé à un large débat public sur les questions de sécurité et de défense en Europe. « Les gens doivent être conscients » de ce qui est fait, a-t-il insisté en mettant en exergue les grandes questions d'actualité (la prolifération, la réduction des stocks d'armes nucléaires, etc.) et les 23 missions (civiles et militaires) de l'UE.
Tout en plaidant en faveur de l'élaboration d'un Livre Blanc sur la défense et la sécurité en Europe (EUROPE n° 9824), qui devrait faire l'objet d'un débat public en décembre, M. von Wogau s'est prononcé pour le développement du « contrôle parlementaire » de la PESD. « Si un jour nous devons avoir une armée de l'UE, il faut que ça soit une armée (sous contrôle) parlementaire », a-t-il dit. Et de souligner la nécessité d'une meilleure coordination des dépenses de défense ainsi qu'une meilleure coordination avec l'OTAN (notamment au niveau de son Assemblée parlementaire). Approche globale. Au-delà de son volet militaire, la PESD doit aussi « prévenir les crises » et voir comment stabiliser et aider les pays fragiles. Il faut donc « construire les infrastructures », enseigner, envoyer des magistrats, des policiers et développer davantage les capacités civiles de gestion de crises. ´Équipement et chaînes de commandement. « Les missions deviennent plus dangereuses » lorsque la chaîne de commandement ou l'équipement fonctionnent mal, a constaté M. von Wogau. En visitant les missions de l'UE, les membres de la commission parlementaire ont constaté « le manque de moyens de base » comme le renseignement satellitaire. De la même façon, l'UE devrait développer les capacités logistiques, les moyens de transport sur le théâtre d'opération ou de transport stratégique (les avions gros porteurs comme le projet A400M toujours en cours de développement). Mieux dépenser. Les États-Unis dépensent 500 milliards de dollars pour la défense alors que l'UE, dans son ensemble, dépense 200 milliards d'euros, a-t-il constaté. « Le résultat est que l'UE dépense non seulement moins que la moitié de ce que dépensent les États-Unis », mais en outre nous développons des technologies « 27 fois au lieu d'une seule », a-t-il dit. Recherche en matière de sécurité. Elle est « absolument nécessaire », selon M. von Wogau, qui s'est prononcé en faveur du financement sur la base du budget de l'UE de projets de recherche ayant trait à la « protection des frontières externes » et aux « infrastructures critiques ». Interrogé sur la possibilité de convaincre les États membres de mettre en place une véritable politique commune en matière de défense, M. von Wogau s'est montré optimiste. Nos alliés les plus importants sont « les citoyens européens » (dont 70% réclament la sécurité) et les « portefeuilles vides des États membres », a-t-il constaté. (A.By.)