Bruxelles, 09/07/2009 (Agence Europe) - En dépit des critiques de l'Union européenne et des États-Unis, la Russie persévère dans sa volonté d'adhérer à l'OMC, non plus individuellement, mais dans le cadre d'une union douanière avec le Bélarus et le Kazakhstan. Esquivée lors de la visite en début de semaine du président américain Barack Obama à Moscou, la question est revenue sur la table mercredi 8 juillet, lorsque le secrétaire d'État américain à l'Industrie, Gary Locke, a fait savoir que Washington juge irréalisable le projet de Moscou, dévoilé à la stupeur générale début juin par le Premier ministre russe Vladimir Poutine (EUROPE n° 9918). « Pour la plupart des membres de l'OMC, cela ne peut tout simplement pas fonctionner, l'union douanière ne ferait que retarder les choses », a expliqué M. Locke mercredi. Au cours d'entretiens avec ses homologues russes, ce dernier s'est vu décrire l'approche de Moscou comme une « voie parallèle » à la poursuite, individuellement par la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan, de leurs négociations d'adhésion à l'OMC, tout en se consultant. La ministre russe du Développement économique, Elvira Nabioullina, a toutefois indiqué mercredi que Moscou ne renonçait pas à son plan. « La décision est prise, nous allons synchroniser nos actions (avec Minsk et Astana), car notre union douanière va vraiment être lancée le 1er janvier 2010. Il y a plusieurs cas de figure possibles car l'une de nos tâches est de tenter de conserver l'essentiel des accords déjà conclus par la Russie dans le cadre de ses négociations d'adhésion à l'OMC. Mais notre position est unanime. Nous allons former une union douanière et nous mènerons les négociations d'adhésion à l'OMC pour les trois pays », a-t-elle assuré. Côté européen, la Commission ne cache pas son scepticisme. « La Russie était très proche d'une entrée à l'OMC, nous nous attendions à ce qu'elle en devienne membre d'ici à la fin de l'année, alors que le Kazakhstan est seulement au stade de la conclusion d'un accord bilatéral (la conclusion à l'OMC d'accords bilatéraux sur l'accès au marché est une étape nécessaire dans le processus d'adhésion, NDLR). Quant au Bélarus, il a à peine commencé les négociations. Le nouveau schéma change complètement le tableau », expliquait récemment à la presse le chef de la représentation de la Commission en Russie, Marc Franco. (E.H.)