Bruxelles, 09/07/2009 (Agence Europe) - La Commission européenne envisage de préparer, en vue de la conférence internationale sur la sécurité de transport aérien et du prochain sommet de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) fin septembre 2010, une stratégie « en vue de renforcer et d'améliorer la sécurité aérienne dans le monde », a déclaré, jeudi 9 juillet, le commissaire européen aux Transports, Antonio Tajani, à l'issue d'une réunion avec le directeur de l'OACI, Roberto Kobeh González. La stratégie, dont la liste noire mondiale des compagnies aériennes annoncée par le commissaire la semaine dernière (EUROPE n° 9932) pourrait faire partie, devrait assurer que les outils existants actuellement (les audits de sécurité de l'OACI entre autres) garantissent un niveau approprié de sécurité aérienne, non seulement en Europe, mais aussi dans le monde. Il serait bon d'adopter cela conjointement avec l'organisation internationale.
« La Commission européenne est fermement convaincue de la nécessité d'élaborer des stratégies internationales » et veut travailler de concert avec les agences internationales en vue d'améliorer les normes de sécurité aérienne, a indiqué le commissaire. Il a toutefois précisé qu'il fallait que « les États membres jouent un rôle constructif » en cette matière. Jeudi soir, M. Tajani devait se rendre en Espagne pour s'entretenir avec le ministre espagnol des Transports et demander de transmettre cette information à l'équipe qui prépare cette conférence. Les propositions concrètes seront faites lors du prochain sommet de l'OACI, à Montréal fin septembre 2010, a précisé M. Tajani. Il a aussi précisé qu'il allait faire une proposition pour faire de l'Europe un protagoniste de sécurité en Afrique, entre autres dans le domaine de la formation des pilotes ou des techniciens. Le projet serait débattu la semaine prochaine avec les autorités de la Libye. La conférence sur les réseaux transeuropéens de transport à Naples pourrait également servir pour débattre d'une telle coopération. M. Gonzalez n'a pas écarté ces idées, mais est resté prudent sur la possibilité d'élaborer des normes de sécurité contraignantes au niveau mondial ainsi que sur les avantages d'une liste noire des compagnies aériennes. « La liste n'est pas une solution globale ; les listes peuvent permettre de décourager les passagers », a-t-il dit. Il faut « un programme » qui permet de résoudre le problème et il faut « une transparence », a-t-il. « Nous avons déjà renforcé la transparence (les résultats de tous les audits de sécurités sont publiés sur le site de l'organisation) », mais « les États restent souverains », a-t-il constaté (en effet les audits de l'OACI n'ont pas de valeur contraignante et la Commission européenne n'est pas membre de l'OACI). Il a néanmoins rassuré que la sécurité aérienne restait « une préoccupation commune » pour lui et la Commission. (A.By.)