Bruxelles, 03/07/2009 (Agence Europe) - Le tribunal de grande instance de Saverne (Bas-Rhin, France) a examiné, ce vendredi 3 juillet, la légalité des 108 licenciements et des baisses de salaires de 12,5% sur trois ans imposées à près de 500 salariés par le fabricant d'ampoules Osram (groupe Siemens) à Molsheim, lors d'une audience en référé. Des dizaines de manifestants se sont rassemblés à cette occasion devant les grilles du tribunal, huant les dirigeants d'Osram à leur arrivée. Le syndicat FO (Force ouvrière) et le comité d'entreprise avaient assigné Osram devant la justice, estimant que le fabricant a agi « par fraude, de manière irrégulière et en méconnaissance de la loi ». Vendredi, les syndicats et Osram ont accepté que soit nommé un médiateur. Ils ont quinze jours pour se mettre d'accord sur le nom de ce médiateur. Une fois nommé, le médiateur disposera de trois mois pour rechercher une solution. En attendant, la direction d'Osram a accepté de geler les baisses de salaires et les licenciements.
Jeudi, les députés européens du groupe GUE/NGL - l'Allemande Gabi Zimmer, le syndicaliste d'IG Metall et nouveau député Thomas Händel et le Français Francis Wurtz - ont rencontré au Parlement européen l'avocat des salariés de la société Osram, Ralph Bindauer, ainsi que des représentants des salariés (syndicats Ver.di, IG Metall et des salariés d'Osram à Berlin, Augsburg et Molsheim). Francis Wurtz, président sortant du groupe GUE/NGL, a invité Siemens/Osram « à s'abstenir de cet accord dégradant. La gauche en Europe soutient entièrement les employés à Molsheim et Berlin dans leur opposition à ce chantage ». Il a déclaré: « Baisse des salaires, licenciements, chantage et mise en concurrence au sein du groupe Siemens-Osram, les salariés en Europe doivent se serrer les coudes. Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est de solidarité internationale ». Pour Gabi Zimmer, « il est scandaleux de se servir des salariés français contre les salariés allemands. En Alsace, les salariés doivent gagner encore moins pour être plus compétitifs que les travailleurs intérimaires et sous-traitants en Allemagne ! » Quant à Thomas Händel, il a appelé à « lutter contre ce type de chantage transfrontalier. Une société hautement rentable comme Siemens devrait être forcée de diversifier la production et de fournir une stratégie à long terme qui sauvegarde les emplois ». Et d'ajouter: « Non seulement Osram fait partie de la branche industrielle de Siemens et est leur pilier principal des ventes, mais la société souligne également son engagement vis-à-vis de la responsabilité sociale des entreprises et la conformité. Dans leur déclaration d'intention, la société s'engage à s'abstenir d'un engagement si ce projet n'est pas conforme ».
Osram, qui doit fermer ses lignes de fabrication d'ampoules à incandescence interdites par la réglementation européenne, a proposé, début 2009, à ses 600 salariés de son usine de Molsheim une baisse de salaire de 12,5% étalée sur trois ans pour « pérenniser l'emploi », rappelle l'AFP. 108 salariés seront licenciés pour avoir refusé une proposition de reclassement liée à l'acceptation de la baisse de leur salaire. Estimant que le fabricant a agi « par fraude, de manière irrégulière et en méconnaissance de la loi », le syndicat FO (Force ouvrière) et le conseil d'entreprise ont assigné le fabricant devant la justice.
Dans un communiqué, la GUE/NGL rappelle qu'elle avait déjà dénoncé le chantage salarial chez Osram la semaine dernière. Elle signale que jusqu'à présent, il n'y a pas d'informations sur qui serait touché par d'éventuels licenciements en Allemagne - les salariés d'Osram, les intérimaires ou les sous-traitants. Et Thomas Händel de conclure: « On se rend bien compte du chantage que subissent les salariés et du fait qu'on les force à accepter des conditions de travail de plus en plus précaires ». (G. B.)