Bruxelles, 01/07/2009 (Agence Europe) - L'Union européenne, préoccupée par la situation politique au Niger où le président Tandja s'est doté de pouvoirs exceptionnels avant de suspendre la Cour constitutionnelle, appelle à un règlement constitutionnel de la crise et brandit la menace d'une suspension de la coopération entre l'UE et le Niger.
Dans un communiqué publié mercredi 1er juillet, Louis Michel, commissaire européen au Développement, se déclare « très inquiet quant à l'évolution de la situation politique au Niger ». « Il s'agit d'un pays qui a joui d'une stabilité intérieure dans les dix dernières années, et aujourd'hui, tout risque d'être remis en question. Tout changement de la Constitution, notamment dans ses articles fondamentaux, ne devrait pouvoir se faire en l'absence d'un cadre consensuel et inclusif. Par ailleurs, afin d'assurer le fonctionnement démocratique de l'État, il est tout aussi essentiel que les institutions républicaines comme la Cour constitutionnelle puissent jouer leur rôle de garants des règles et que leurs arrêts soient respectés à la lettre pour tout le monde », fait observer le commissaire.
Louis Michel rappelle au président Tandja que les décisions de ces derniers jours « remettent gravement en question les éléments essentiels de l'accord de Cotonou » dont le Niger est signataire, « ce qui pourrait avoir des conséquences directes sur notre coopération ». Rappelons qu'en cas de violation d'un ou plusieurs éléments essentiels de l'accord de Cotonou liant l'UE à 78 pays ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique), des consultations politiques peuvent être engagées entre l'UE et la partie ACP pour tenter de remédier à la situation, et qu'un échec de ces consultations peut conduire à la suspension partielle, voire totale de la coopération.
Dès le 30 juin, Javier Solana, le Haut représentant pour la PESC, jugeait, lui, « essentiel que « le président Tandja et l'opposition parviennent à travailler ensemble à un règlement constitutionnel de la crise actuelle ». (A.N.)