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Bulletin Quotidien Europe N° 9933
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Plusieurs raisons invitent à avoir confiance en la Présidence suédoise

Adhésion progressive et réfléchie à la construction européenne. Plusieurs raisons invitent à avoir confiance en la présidence suédoise du Conseil communautaire, à croire qu'elle sera positive et efficace. Les lecteurs de l'Agence Europe disposent des éléments leur permettant de se former une opinion préliminaire: les grandes lignes du programme et les intentions et orientations des protagonistes sont amplement résumées dans nos bulletins quotidiens ; le dossier spécial « L'Europe à l'heure de Stockholm » (publié dans le N° 2520 de notre série EUROPE/Documents) contient une évaluation générale, des déclarations exclusives et la documentation appropriée, avec calendrier des activités et adresses.

Mon optimisme personnel se fonde non seulement sur les qualités qu'on reconnaît au peuple suédois et à sa classe politique (avec le rôle égalitaire des femmes: la Suède est l'un des deux États membres qui ont élu au Parlement européen davantage de femmes que d'hommes: 10 contre 8), mais surtout sur la manière dont ce pays est devenu progressivement de plus en plus favorable à la construction européenne. Ce n'est pas en Suède que le général de Gaulle aurait trouvé des « cabris qui sautent sur la chaise en criant Europe, Europe ». Les Suédois avaient attendu longtemps avant de demander l'adhésion: le référendum qui l'avait permise date de novembre 1994, et le résultat avait été prudent: 52,2% de « oui » (mais avec une participation remarquable de 82,4%). Ils avaient ensuite hésité devant certaines réalisations: en particulier, la Suède n'appartient pas encore à la zone euro. Les gouvernants, convaincus eux-mêmes que la participation à la monnaie commune serait positive, estiment que le moment est proche où le peuple dirait oui. Le message que le Premier ministre Fredrik Reinfeldt envoie à l'opinion publique est qu'une partie des objectifs auxquels les Suédois sont particulièrement attachés -protection de la nature, changement climatique, etc. - ne peuvent être atteints qu'au niveau européen.

La mer Baltique et autres projets. Tout aussi « européen » est le projet pour la région de la mer Baltique, l'une des mers les plus polluées du monde. La Commission européenne a présenté, le mois dernier, la stratégie préconisée, englobant les huit États membres riverains (Allemagne, Pologne, Suède, Danemark, Finlande, Estonie, Lettonie et Lituanie) plus la Russie. Il est évident qu'aucun État membre ne peut développer à lui seul cette stratégie ni la négocier avec la Russie ; seule l'UE le peut. Les défis relèvent presque tous de politiques communautaires, et la région reçoit déjà plusieurs financements de l'UE. L'objectif est que l'approbation de cette stratégie, qui relève du Conseil et du Parlement, intervienne avant la fin de l'année, donc sous présidence suédoise. Il n'est pas étonnant que son approbation figure parmi les priorités de cette présidence, qui ne suivra certes pas l'attitude myope que la France avait choisie au départ pour son projet méditerranéen.

Dans le domaine environnemental, la préparation de la conférence de Copenhague figure naturellement parmi les priorités de la nouvelle présidence, ainsi que la définition et les progrès de tous les projets liés à la crise financière et aux voies pour la surmonter. Mais je n'ai pas l'intention de transformer ce commentaire en une sorte de catalogue des projets et des ambitions de la nouvelle présidence ; les autorités responsables et les journalistes de l'Agence Europe l'ont déjà fait et continuent à en rendre compte. La tâche n'est pas simple. En plus des grands projets cités, la présidence suédoise hérite de la présidence précédente (qui a obtenu en fin de parcours quelques succès remarquables, comme le compromis sur la refonte de la législation sur la pollution industrielle, voir notre bulletin n° 9929) certains projets qui n'ont pas encore abouti, comme la directive sur la protection des sols et la répartition entre les États membres de l'effort financier pour la défense du climat dans les pays en développement (en vue de la conférence de Copenhague).

Contexte institutionnel compliqué et instable. La présidence suédoise doit en outre agir dans un contexte institutionnel particulièrement compliqué: le nouveau Parlement commence à peine à travailler ; la Commission européenne doit être renouvelée ; les péripéties du Traité de Lisbonne ne sont pas terminées et le résultat du nouveau référendum en Irlande ne peut pas être anticipé. Le Premier ministre suédois a réaffirmé qu'à son avis, le Parlement européen devrait voter déjà ce mois-ci sur le renouvellement de M. Barroso à la présidence de la Commission ; il en a indiqué les raisons (voir notre bulletin d'hier) et il a formulé quelques remarques sur les discussions difficiles qu'il devra diriger à propos des nominations des présidents stables du Conseil européen et du Conseil « Relations extérieures » (en même temps vice-président de la Commission et Haut Représentant de la PESC et de la PESD). M. Reinfeldt, n'étant lui-même candidat à aucune de ces fonctions, pourra être d'autant plus serein et objectif. C'est une autre raison d'être optimistes.

(F.R.)

 

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