Bruxelles, 01/07/2009 (Agence Europe) - Les experts nationaux chargés de l'Amérique latine auprès du Conseil de l'UE ont décidé, mercredi 1er juillet, d'annuler les négociations sur l'accord d'association UE/Amérique centrale programmées la semaine prochaine à Bruxelles (EUROPE n°9932). La Présidence suédoise a constaté qu'une telle décision avait été prise « en accord avec les différents États membres », a confirmé un diplomate à l'issue de la réunion. Les pays de l'UE ont également convenu d'« éviter de prendre contact au niveau politique » avec les autorités honduriennes de manière à ne faire aucun geste qui légitimerait le nouveau pouvoir en place, ajoute ce diplomate. Concernant la demande espagnole d'une action européenne coordonnée visant au retrait des ambassadeurs d'États membres en poste au Honduras, il a été jugé prématuré de lancer une telle initiative compte tenu de l'évolution rapide des événements, une nouvelle discussion sur la question étant inscrite à l'ordre du jour de la réunion du Comité politique et de sécurité vendredi 3 juillet. Chassé dimanche 28 juin par l'armée hondurienne, le président élu Manuel Zelaya a déclaré, mardi 30 juin depuis le siège des Nations unies, qu'il reviendrait ce jeudi à Tegucigalpa accompagné des présidents argentin Kirchner et équatorien Correa et du secrétaire général de l'Organisation des États américains, Insulza. L'ONU, l'UE et les États-Unis ont condamné le coup d'État au Honduras.
Le député européen Helmuth Markov (GUE/NGL, allemand) a demandé, mercredi, la suspension immédiate de l'accès préférentiel de certains produits honduriens au marché européen à travers le système de préférences généralisées SPG+, ce système prévoyant notamment le respect d'exigences sociales et de bonne gouvernance. Son homologue espagnol Willy Meyer a fait savoir qu'il partait seul sur place ce jeudi. Il a espéré que la conférence des présidents des groupes politiques du Parlement européen sera en mesure, la semaine prochaine, d'inscrire la question du Honduras à l'ordre du jour de la première session plénière (14-16 juillet) afin d'adopter une déclaration condamnant le coup d'État militaire. « Il faut que l'Europe prenne une position ferme », a déclaré José Bové (Verts/ALE, français) en rendant hommage à la résistance des mouvements sociaux honduriens. Au nom du mouvement Initiative de Copenhague pour l'Amérique centrale (CIFCA),
M. Perez a estimé que la tenue des négociations entre l'UE et l'Amérique centrale n'avait plus de sens dans la mesure où « les pays centraméricains ne veulent plus s'asseoir à la même table que le Honduras ». (M.B.)