Bruxelles, 01/07/2009 (Agence Europe) - Le groupe ADLE ne souhaite pas se voir imposer de calendrier pour la nomination du futur président de la Commission européenne. Au lendemain de son élection à la tête des libéraux et démocrates au Parlement européen, Guy Verhofstadt a clarifié, mercredi 1er juillet, les conditions pour un soutien de son groupe au candidat désigné par les chefs d'État ou de gouvernement. Si cette série de considérations n'excluent pas en théorie une approbation de M. Barroso par le PE dès juillet, le temps est compté et la pression est sur les épaules de ce dernier.
Avant toute chose, le Conseil européen doit procéder à la désignation formelle de son candidat, a insisté l'ancien Premier ministre belge à l'issue d'une réunion du groupe ADLE. Le soutien politique accordé par les Vingt-sept à José Manuel Barroso est une procédure « originale, mais pas normale » et qui ne permet pas vraiment au Parlement d'aller de l'avant, a-t-il déclaré à la presse. Une fois cette décision formalisée (ce qui semble toujours possible rapidement par procédure écrite), le candidat désigné devra encore présenter un programme d'action complet et ambitieux pour les cinq ans à venir.
Cette véritable « déclaration de politique européenne », qui sera publiée et débattue avec les membres du Parlement, devra permettre de savoir « si cette nouvelle Commission est capable de changer de cap ». Elle devra comporter « plus que quelques phrases » et détailler « quelles initiatives seront prises par la Commission qui est tout de même au cœur des institutions ». Il s'agit d'une question de fond, « pas de personne », observe M. Verhofstadt, qui demande au futur président « de présenter un programme différent du passé et de développer une nouvelle stratégie pour combattre la crise financière ». Mercredi prochain, le groupe ADLE finalisera un mémorandum sur les questions qui devront figurer à l'agenda de la prochaine Commission, en particulier pour lutter contre la crise économique et financière. « Ce que la Commission européenne doit faire, c'est développer une stratégie de sortie de la crise » et aller « plus loin que ce qu'on connaît maintenant: une simple coordination des politiques nationales », avec 27 plans étatiques, 27 approches pour soutenir le secteur bancaire, précise M. Verhofstadt.
Pour l'ADLE, qui ne souhaite pas agir selon un calendrier qui lui serait imposé par le Conseil européen ou le PPE, l'important est aussi de renforcer la crédibilité du nouveau Parlement au terme d'une procédure démocratique et transparente. Pour y parvenir, il est primordial d'organiser une vaste coalition au sein du PE entre les forces politiques pro-européennes. Une alliance large qui pourrait ainsi regrouper plusieurs formations, mais de laquelle seraient exclus les eurosceptiques, notamment les Tories et leur nouveau groupe des « Conservateurs et réformateurs européens ».
En l'état actuel du processus, les éléments ne sont donc pas réunis pour que le groupe ADLE se prononce en faveur de M. Barroso dès la session du 14-16 juillet. Mais d'ici le 9 juillet, lorsque la conférence des présidents du PE décidera d'inscrire ou non (à la majorité simple) la désignation du prochain président de la Commission à l'ordre du jour de la plénière, les choses peuvent encore évoluer. À condition pour
M. Barroso de faire vite et bien. (A.B.)