Stockholm, 01/07/2009 (Agence Europe) - La Présidence suédoise est prête à relever, ensemble avec la Commission, les « énormes défis » auxquels elle sera confrontée au cours des prochains six mois - crise économique et changement climatique en tête - avec comme objectif de « défendre les intérêts de toute l'Union européenne », a affirmé le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, à l'issue de la réunion de son gouvernement avec le collège des commissaires européens à l'occasion du lancement de la présidence semestrielle, mercredi 1er juillet à Stockholm. « Nous voulons une Europe ouverte qui soit à l'écoute des citoyens et qui se soucie de leurs problèmes », a-t-il dit lors d'une conférence de presse conjointe avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. M. Reinfeldt n'a jamais caché que, pour lui, les problèmes institutionnels de l'UE ne font certainement pas partie de ses priorités. « Les citoyens ne s'intéressent pas à ces questions », a-t-il dit en affirmant qu'ils ne demandent jamais quand on disposera du Traité de Lisbonne ou qui sera le prochain président de la Commission ou du Parlement européen. En revanche, ce qui intéresse les citoyens, c'est de savoir ce que l'UE compte faire pour sortir de la crise économique ou lutter contre le changement climatique, avait-il dit le 30 juin devant un groupe de journalistes à Stockholm. Mercredi, devant la presse aux côtés de M. Barroso, le Premier ministre suédois a, à nouveau, estimé que ce n'était pas le moment pour l'UE de « se regarder le nombril » et de s'éterniser dans des discussions institutionnelles au moment où son « leadership » est requis dans plusieurs crises. La Présidence suédoise estime néanmoins que la stabilité institutionnelle (renouvellement de la Commission, ratification et entrée en vigueur du Traité de Lisbonne) sera indispensable pour permettre à l'UE de travailler sereinement sur les dossiers techniques et de jouer le « rôle moteur » que tout le monde attend d'elle dans la préparation de la conférence de Copenhague sur le changement climatique et pour sortir de la crise économique.
Pour une confirmation rapide de José Manuel Barroso. C'est pourquoi M. Reinfeldt a réitéré mercredi sa préférence pour un vote rapide (encore en juillet) du Parlement sur la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la prochaine Commission. « Nous ferons tout ce qui sera possible pour avoir le vote le plus rapidement possible », a dit M. Reinfeldt qui recevra les chefs des groupes politiques du PE lundi prochain (6 juillet) à Stockholm pour parler du calendrier. M. Barroso ne l'a pas contredit - que du contraire. Il appartient au Parlement de décider quand il souhaite procéder au vote « mais nous devrions avoir de la clarté le plus rapidement possible » sur qui dirigera la prochaine Commission, a estimé M. Barroso, en ajoutant: « C'est ce que les citoyens attendent de nous ». J'espère que nous aurons déjà en juillet un futur président de la Commission qui soit « pleinement » désigné afin de pouvoir aider la Présidence suédoise sur les dossiers techniques importants « pour lesquels nous portons une responsabilité partagée », a-t-il dit avant de constater: « Plus tôt nous aurons la clarté et la stabilité institutionnelle, mieux ce sera ». M. Barroso est prêt à entamer immédiatement des consultations avec tous les groupes politiques au PE sur son programme. Répondant à un journaliste qui voulait savoir de M. Barroso si, en tant que « représentant du néolibéralisme », son temps n'était pas révolu, le président de la Commission a repris son antienne: « Je n'ai jamais été un néolibéral (…) Je ne suis pas un libéral, mais un réformateur du centre ». Et d'ajouter: « Si j'étais un libéral, je n'aurais pas eu le soutien des 27 chefs d'État et de gouvernement, dont plusieurs socialistes ». Plutôt que de penser en catégories idéologiques, « nous avons besoin d'une coalition de tous les pro-européens », a conclu M. Barroso.
« La Suède a inspiré l'Europe ». M. Barroso a fait l'éloge de la contribution importante que la Suède a apporté à l'UE depuis son adhésion en 1995. « La Suède a inspiré beaucoup des valeurs européennes comme la justice sociale, la solidarité, les droits de l'Homme, la responsabilité et la transparence », a affirmé M. Barroso qui s'est dit optimiste que la Présidence suédoise « fera du bon boulot ». La devise de la présidence - « Relever les défis » - ne pouvait pas être mieux choisie, a-t-il dit. En ce qui concerne la crise économique, le président de la Commission s'est prononcé pour une « nouvelle économie » européenne fondée sur la « croissance verte intelligente ». Il a aussi plaidé pour une meilleure régulation et davantage de transparence sur les marchés financiers. Le marché intérieur doit être « étendu et non pas affaibli ». En ce qui concerne le changement climatique, « la Présidence suédoise sera cruciale » pour faire en sorte que la conférence de Copenhague soit un succès, a poursuivi M. Barroso. La Commission et la Présidence sont sur une même longueur d'onde: « Nous voulons atteindre le maximum possible, à savoir limiter la hausse de température à 2° celsius». Les questions du financement des mesures de réduction des émissions et de la solidarité avec les pays émergents seront au centre des négociations et l'UE aura un « rôle crucial » à jouer, estime M. Barroso. Ces questions figureront aussi tout en haut de l'agenda des différents sommets bilatéraux que l'UE aura d'ici la fin de l'année avec les États-Unis, la Chine, la Russie, le Brésil, l'Inde, l'Afrique du Sud et l'Ukraine (tous des « grands émetteurs » de gaz à effet de serre), a annoncé M. Reinfeldt. (H.B.)