Bruxelles, 01/07/2009 (Agence Europe) - Les États membres de l'UE doivent surmonter leurs craintes en matière de sécurité et accueillir les personnes innocentes toujours enfermées dans la prison américaine de Guantanamo, dans le sud-est de Cuba, a indiqué le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg. « Il faut proposer une solution aux détenus libérables mais qui ne peuvent pas être rapatriés et ne souhaitent pas non plus rester aux États-Unis. Les gouvernements européens pourraient apporter une contribution très importante et peut-être même décisive pour la fermeture définitive du camp de Guantanamo », a déclaré M. Hammarberg à EUROPE. Début juin, après sa visite à Washington, le commissaire a adressé à tous les États membres du Conseil de l'Europe une lettre les appelant à suivre l'exemple de certains d'entre eux et à accueillir d'anciens détenus de Guantanamo que la justice a décidé de libérer et qui ont besoin d'une protection internationale. Selon le commissaire, l'Italie, l'Espagne, le Portugal et l'Irlande ont déjà indiqué qu'ils étaient prêts à accepter des ex-détenus. La Suisse et la Lituanie ont également fait savoir qu'elles étaient ouvertes à une telle idée. « Il faut proposer une solution aux détenus libérables mais qui ne peuvent pas être rapatriés et ne souhaitent pas non plus rester aux États-Unis », a-t-il dit. À cet égard, l'existence éventuelle de liens familiaux doit être prise en compte sérieusement: « Le Portugal a indiqué qu'il était prêt à accueillir deux à trois personnes, mais nous savons que huit personnes libérables veulent se rendre dans ce pays, de même que 2 Ouïghours veulent aller en Suède ». Il a aussi tenu à souligner que « les pays qui ont assisté l'administration Bush ont des responsabilités spécifiques, notamment ceux ayant appuyé la guerre en Irak ». Et de conclure sur ce sujet en disant: « Nous devons accepter qu'il y ait des inquiétudes au niveau de la sécurité, mais il y a un autre aspect, celui des droits de l'Homme. Ces gens sont traumatisés, pauvres, pas très éduqués. Ils sont innocents, ont beaucoup souffert et ont par conséquent droit à une protection ».
Faisant ensuite le point sur la politique européenne en matière d'immigration, M. Hammarberg a rappelé que « la récente décision italienne consistant à renvoyer les bateaux de migrants en Libye est le signe que la politique européenne en matière d'immigration est en panne ». « Nous savons que parmi ceux repoussés en Libye, il y a avait des personnes qui avaient un droit légitime à l'asile. Ce qui s'est passé est inacceptable », a-t-il ajouté, rappelant que « tout le monde devrait avoir le droit de déposer une demande d'asile ». Si M. Hammarberg considère effectivement que les pays du sud de l'Europe doivent obtenir davantage de soutien, il est surtout d'avis qu'il faut les inciter à établir des bonnes procédures d'asile, notamment en Grèce où, juge-t-il, les conditions d'accueil des demandeurs sont très mauvaises. « Les migrants viendront. Nous ne pouvons pas l'éviter. Il nous faut donc une autre approche qui ne soit pas seulement basée sur la sécurité mais qui repose davantage sur l'harmonisation des procédures ». Il existe enfin un juste milieu à trouver pour répondre à ceux qui veulent venir et au fait que l'Europe a besoin de travailleurs. (B.C.)