Bruxelles, 30/06/2009 (Agence Europe) - La question des remises - l'argent des immigrés gagné dans le pays d'accueil puis transféré à la famille restée au pays - constituera l'« un des points » à l'ordre du jour de la réunion entre hauts fonctionnaires européens et latino-américains qui aura lieu en septembre dans le cadre du dialogue UE/Amérique latine sur les migrations, a déclaré mardi 30 juin l'ambassadeur argentin auprès de l'UE, Jorge Remes Lenicov. Menant la délégation des pays latino-américains et caribéens lors de la réunion de lancement de ce dialogue, il a estimé que les frais liés à ces remises étaient « très élevés » et méritaient d'être diminués. Directeur général adjoint chargé de l'Amérique latine à la Commission européenne, Stefano Sannino, a indiqué qu'une des actions de la Commission consistait à « rendre publics les coûts de transfert » des remises de manière à permettre aux personnes concernées de procéder à un choix éclairé entre les différents prestataires (ex: Money Transfer, Western Union). Mi-juin, à l'issue du Conseil européen, le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, avait indiqué que la réduction de moitié des frais appliqués aux remises figurait parmi les propositions italiennes d'aide au développement des pays du sud à l'ordre du jour de la réunion du G8 (L'Aquila du 8 au 10 juillet). Une telle mesure permettrait, selon lui, de mobiliser plus de 8 milliards d'euros chaque année pour le bien-être des pays du sud.
Le dialogue UE/Amérique latine sur les migrations permettra aux partenaires d'échanger leurs points de vue dans trois domaines: le lien entre migrations et développement, l'immigration légale et l'immigration illégale. Quatre réunions ont d'ores et déjà été fixées, trois sous Présidence suédoise de l'UE en septembre, novembre et décembre, la quatrième au premier semestre 2010 sous Présidence espagnole. Évoquant « la spécificité » des relations entre les deux zones géographiques, l'ambassadrice du Mexique auprès de l'UE, Sandra Fuentes-Beráin, a souligné l'importance de traiter la question migratoire de façon globale, que ce soit du point de vue des droits humains, de la lutte contre les discriminations ou de son impact économique. « Derrière chaque immigrant, il y a une histoire humaine », a-t-elle rappelé. La représentante de la Présidence tchèque s'est félicitée de « l'excellent travail durant ces six derniers mois » ayant abouti à l'ouverture du dialogue euro-latino américain sur les migrations « le dernier jour de la Présidence tchèque ». Le Sommet UE/Amérique latine de Lima de mai 2008 avait appelé au lancement d'un tel dialogue, rendu indispensable après l'adoption par l'UE de la directive « retour » sur le rapatriement d'immigrants illégaux qui avait suscité des réactions très vives de la part de pays latino-américains (voir EUROPE n° 9685 et 9696). (M.B.)