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Bulletin Quotidien Europe N° 9932
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/euromed

La Belgique conteste les arrangements conclus par la France pour garder la co-présidence de l'UpM

Bruxelles, 30/06/2009 (Agence Europe) - La Belgique, qui assurera au cours du second semestre 2010 la présidence de l'UE, estime que la co-présidence de l'Union pour la Méditerranée (UpM) doit correspondre à la pratique de relève semestrielle en usage dans l'UE. Dans une lettre à son homologue espagnol, dont des extraits ont été révélés par le Financial Times du 29 juin, Karel De Gucht, ministre belge des Affaires étrangères, se dit « stupéfait » d'apprendre que l'arrangement auquel était parvenu la France, en gardant depuis sa période de présidence fin 2008 le poste de co-président euro-méditerranéen, pouvait se perpétuer.

Paris avait trouvé un arrangement hors cadre institutionnel avec la République tchèque et aurait, selon des sources concordantes, obtenu le même accord avec l'Espagne en prévision de la présidence de l'UE que Madrid exercera au cours du premier semestre 2010. En échange, l'Espagne espère succéder à la France à la co-présidence de l'UpM pour un mandat de deux ans, la même durée que celle dont a bénéficié l'Égypte, au nom des pays partenaires, et autant que la France si cela se confirmait. Ces arrangements non écrits, et même discrètement négociés, n'ont encore jamais été ouvertement critiqués. Même s'ils sont jugés contraires aux pratiques communautaires européennes, nul ne se sentait le droit de les contester dans la mesure où rien n'empêche un État membre de concéder une part de ses responsabilités au titre de la présidence du Conseil de l'UE à un autre État membre. Sachant aussi que cette solution n'aurait plus de sens si le Traité de Lisbonne entrait en vigueur, une des lectures qui en est faite est que la France agit pour consolider l'option selon laquelle l'UpM est une construction à part, pratiquement parallèle aux institutions européennes et ne pouvant donc obéir à ses règles. En fait, le débat est resté latent faute de réelles perspectives d'avenir depuis l'invasion de Gaza et même avant, compte tenu d'un manque de consensus sur les finalités et la structure de l'UpM. La contrepartie, pour la République tchèque, avait été d'obtenir une plus grande attention pour le processus du « Partenariat oriental ». Le même intérêt pourrait prévaloir dans le cas de la Suède dont on ne sait pas encore avec certitude si elle permettra à la France de garder la main, au risque, si l'on en croit M. De Gucht, de créer un précédent peu souhaitable. Toutes nos questions, tant à la représentation permanente suédoise à Bruxelles qu'à Stockholm, sont restées sans réponse. « Attendez le 1er juillet », nous a-t-on répondu. (F.B.)

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