Bruxelles, 30/06/2009 (Agence Europe) - La Commission européenne va adopter, jeudi 2 juillet, une proposition de décision visant à faciliter l'accès des très petites entreprises aux microcrédits. Le texte vise aussi ceux qui, ayant perdu leur emploi, souhaitent créer leur propre entreprise. Cette nouvelle facilité financière disposera d'un budget initial de 100 millions d'euros, qui pourrait atteindre 500 millions d'euros par le biais de systèmes d'investissements conjoints avec des institutions financières internationales, et plus particulièrement avec le groupe de la Banque européenne d'investissement (BEI). Quelque 45000 prêts pourraient être octroyés sur une période de huit ans. Rappelons que cette nouvelle facilité peut être soutenue par le Fonds social européen (FSE), qui peut accorder des bonifications d'intérêt, et qu'il est possible de recourir simultanément au FSE et à la nouvelle facilité de micro-financement de la BEI/Commission.
Cette proposition, qui fait suite à la communication de la Commission adoptée le 3 juin dernier et intitulée « L'engagement partagé pour l'emploi » (EUROPE n° 9912), sera discutée par les États membres au sein du Conseil des ministres de l'Emploi et des Affaires sociales (EPSCO) de l'UE et par le Parlement européen, qui l'adopteront conjointement. La Commission espère que cette nouvelle facilité d'accès aux microcrédits sera opérationnelle en 2010.
Dans l'Union européenne, le microcrédit signifie des demandes de prêts de moins de 25.000 euros. Il s'adresse à des micro-entreprises, employant moins de 10 personnes (ce qui représente 91% de toutes les entreprises européennes) et qui ont des difficultés à trouver du crédit, par exemple pour alimenter leur cash flow. Il s'adresse également aux chômeurs ou aux personnes inactives qui veulent monter leur propre entreprise mais qui, par leur situation même, n'ont pas accès aux services bancaires traditionnels. La Commission rappelle que 99% des starts-up en Europe sont des micro- ou très petites entreprises et qu'un tiers d'entre elles ont été créées par des personnes sans emploi.
La crise économique devrait entraîner la perte de 3,5 millions d'emplois en 2009, et la crise financière a quant à elle eu pour effet de restreindre l'accès aux crédits et aux capitaux nécessaires à la création d'une entreprise. Le taux de chômage devrait atteindre les 10% dans l'Union européenne en 2010. Face à une telle situation, l'objectif de la Commission est donc de donner une nouvelle chance à ceux qui ont perdu leur emploi à cause de la récession en leur permettant d'avoir accès à des prêts pour créer leur propre société, mais aussi de permettre la création de nouveaux types d'emplois, dans le secteur de l'économie sociale. Bref, cette nouvelle facilité de financement devrait permettre de remédier à ces difficultés et fournir des moyens aux personnes désireuses de créer une entreprise, qui n'ont besoin que d'un emprunt limité mais ont peu de chances de l'obtenir auprès d'une banque, pour qui elles peuvent représenter un risque élevé (les banques rechignent à prêter depuis la récession). (G. B.)