Paris, 04/06/2009 (Agence Europe) - Le think tank Notre Europe a organisé, mercredi 3 juin à Paris, une conférence sur les partis européens, à la veille du scrutin européen qui s'étale du 4 au 7 juin.
Selon Jean Quatremer, journaliste à Libération qui animait ce débat, le taux élevé d'abstentions attendu est tout d'abord à mettre en relation avec l'absence de véritable campagne pour ces élections. En France, en particulier, les débats ont cruellement fait défaut. Les élections ont plus souvent été l'occasion de traiter des problèmes nationaux et non des enjeux européens. En France, les élections européennes ont servi de prétexte à des partis (tels que le PS ou le Modem) pour mener « un référendum anti-Sarkozy » au lieu de parler d'Europe. Conséquence, la participation n'attendrait que le tiers des électeurs inscrits, d'après les derniers sondages.
Interrogé sur leur vision de l'Europe, les orateurs ont tous affirmé leur attachement à une Europe politique forte et unie. Harlem Désir, vice-président du groupe socialiste au PE, est même allé plus loin en se qualifiant de « fédéraliste ». Pierre Lequiller, ancien vice-président du parti populaire européen, a également soutenu l'Europe politique, et il a salué les résultats de la Présidence française de l'UE (second semestre 2008). Selon lui, les actions entreprises par la France ont enfin permis à l'Europe, lors du conflit en Géorgie, de parler d'une seule voix. Cette affirmation a été réfutée par les autres participants, de même que son jugement sur la Présidence tchèque actuelle, qualifiée d' « un peu moins bonne que celle française ».
Le choix du futur président de la Commission européenne a également fait débat. Tous, à l'exception de Pierre Lequiller, se sont prononcés pour la nomination d'un nouveau président pour remplacer José Manuel Barroso. D'après Philippe Lamberts, porte-parole du parti vert européen, il faut choisir quelqu'un qui possède un véritable intérêt pour l'Europe et qui soit « un leader et non un suiveur, comme Barroso ». Philippe Lamberts a également remis en cause les modalités de nomination du président de la Commission. Selon lui, le président devrait à l'avenir être élu par le Parlement européen, sans proposition du Conseil européen. Il a estimé qu'une partie des députés européens devrait être élue dans une circonscription européenne. Harlem Désir, quant à lui, a prôné le droit à l'alternance politique en Europe et a soutenu l'idée d'un président de la Commission élu directement par le Parlement.
Sur la question du budget européen, les Verts, le parti socialiste européen et le parti démocrate européen se sont accordés sur la nécessité d'un impôt européen, qui se substituerait à une partie de l'impôt national afin de ne pas alourdir la charge fiscale des citoyens. Annemie Neyts-Uyttebroeck, présidente du parti européen des libéraux démocrates et réformateurs, a également accepté cette idée mais à titre personnel. À l'exception de Pierre Lequiller, tous considèrent que l'UE doit avoir des fonds propres mais également qu'il faut augmenter son budget, qui s'élève actuellement à 1% du revenu national brut (RNB) de l'UE à 27. (L.P.)