Bruxelles, 04/06/2009 (Agence Europe) - Les élections européennes auxquelles 375 millions de citoyens sont appelés à participer pour élire un nouveau Parlement européen ont débuté jeudi 4 juin par les votes aux Pays-Bas et au Royaume-Uni où 25 et 72 eurodéputés sont respectivement à élire. Vendredi et samedi (5/6 juin), les Tchèques se rendront aux urnes, suivis samedi par les Lettons, les Maltais, les Chypriotes et les Slovaques. Les bureaux de vote en Italie seront ouverts dès samedi et jusqu'à dimanche soir. Dans les dix-neuf autres pays membres, les élections auront lieu exclusivement dimanche 7 juin. Aucun résultat national ne pourra être communiqué avant dimanche soir 22 heures. L'« Acte portant élection des membres au Parlement européen au suffrage universel direct » de 1976 (article 10) interdit en effet aux autorités des États membres de publier « d'une manière officielle » des résultats nationaux partiels ou finaux avant que les derniers bureaux de vote dans l'ensemble de l'UE (en l'occurrence ceux d'Italie et de Pologne) n'aient fermé leurs portes afin d'éviter toute influence sur les votes encore en cours dans les autres pays membres. Cette obligation de discrétion a une fois encore été rappelée aux États membres par la Commission européenne le 20 mai « et nous attendons des autorités nationales qu'elles respectent ces règles de droit », a déclaré jeudi le porte-parole de la Commission, soulignant que les médias sont évidemment libres de publier des « estimations ou des sondages effectués à la sortie des bureaux de vote ». Il est cependant probable que des résultats officieux ou officiels seront publiés dès ce jeudi soir aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, comme ce fut aussi le cas en 2004.
Le taux de participation aux élections européennes, en constante diminution depuis la première élection directe du Parlement européen (63% en 1979, 61% en 1984, 58,5% en 1989, 56,8% en 1994, 49,8% en 1999 et 45,7% en 2004) préoccupe beaucoup les autorités communautaires. Le PE a même sollicité et obtenu le soutien de sportifs de haut niveau (les footballeurs Luis Figo, David Villa, Oliver Kahn, Carlos Marchena López, Cristian Chivu et les cyclistes Frank et Andy Schleck) qui, dans des vidéos publiées sur You Tube, MySpace et Facebook du Parlement européen, encouragent les citoyens à aller voter. José Manuel Barroso, le président de la Commission, a également fait une déclaration jeudi invitant les citoyens européens à faire usage de leur droit démocratique. « Le meilleur hommage que nous puissions rendre à tous ceux qui ont livré un combat courageux et résolu pour la liberté et la démocratie, en Pologne (où les premières élections libres ont eu lieu il y a exactement 20 ans) et ailleurs, est de faire usage de nos droits démocratiques. C'est pourquoi je dis à tous les citoyens: faites entendre votre voix et votez! », a lancé M. Barroso.
Pour le président du Conseil européen, le Premier ministre tchèque Jan Fischer, il n'y a pas d'excuse pour ne pas aller voter. « Je comprends que les citoyens puissent se sentir las de la politique, mais avec ces élections-ci, ce sont des sujets européens et non nationaux qui sont en jeu (...) On évoque souvent le déficit démocratique de l'UE ; voter aux élections européennes est le meilleur moyen d'y remédier. Il n'est pas acceptable de se plaindre du manque de démocratie de l'UE et en même temps de ne pas aller voter», affirme-t-il dans une déclaration. Le président du Parti socialiste européen (PSE), Poul Nyrup Rasmussen, a lui aussi lancé jeudi un « dernier appel au vote » aux citoyens, affirmant qu'un vote socialiste est un « vote pour le changement et pour une nouvelle direction à l'Europe ». « Ne croyez pas ceux qui disent que Barroso est déjà sûr d'obtenir un nouveau mandat (à la tête de la Commission) car les conservateurs n'auront pas à eux seuls une majorité (au PE). Donc tout reste possible. Ne restez pas chez vous. Votre vote compte », lance M. Rasmussen dans sa déclaration. (H.B.)