Bruxelles, 04/06/2009 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne (BCE) a opté, jeudi 4 juin, pour un statu quo sur les taux d'intérêt de la zone euro et a confirmé le lancement de son plan de rachat d'obligations sécurisées à hauteur de 60 milliards d'euros. Le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement reste donc à 1% et ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt à respectivement 1,75 % et 0,25 %. À l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs, son président a jugé que « les taux actuels sont appropriés », sans exclure qu'ils puissent encore baisser. Le Conseil n'a « pas décidé que le niveau actuel des taux est le niveau le plus bas », a déclaré Jean-Claude Trichet à la presse, réitérant une position exprimée le mois dernier.
Après un premier trimestre particulièrement mauvais, le recul de la croissance devrait être moins prononcé au cours du reste de l'année, a observé M. Trichet, en présentant les dernières projections des services de la BCE (revues à la baisse par rapport à mars). Selon ces chiffres, le PIB de la zone euro devrait reculer entre -5,1% et -4,1% en 2009 et se situer entre -1% et +0,4% en 2010. Le déclin anticipé du taux d'inflation se prolongera dans les prochains mois, avant de revenir en territoire positif vers la fin 2009, a ajouté M. Trichet. Pour les services de la BCE, la hausse des prix dans la zone euro se situera entre 0,1% et 0,5% en 2009 (soit une légère révision à la baisse par rapport aux prévisions de mars) et entre 0,6% et 1,4% en 2010 (une fourchette inchangée par rapport à mars).
Le Conseil des gouverneurs a précisé jeudi les modalités techniques des opérations de rachat d'actifs qu'elle avait annoncées à l'issue de sa réunion du 7 mai 2009 (EUROPE n° 9897). Ces achats, pour un montant total de 60 milliards, seront répartis dans toute la zone euro et réalisés par des acquisitions directes sur les marchés primaire et secondaire. Ils débuteront en juillet 2009 pour s'achever en juin 2010 au plus tard. Pour être éligibles à ce programme, les obligations sécurisées devront notamment avoir au moins une notation double A, satisfaire aux critères de la directive sur les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) et répondre aux conditions d'éligibilité comme collatéral dans le cadre des opérations de crédit de l'eurosystème. Les émissions devront être d'au moins 500 millions d'euros. Sans vouloir dire si la discussion avait porté sur un montant supérieur aux 60 milliards ou comprenant d'autres types d'actifs, M. Trichet a aussi assuré qu'aucun plan additionnel n'était échafaudé à l'avance. Le Conseil des gouverneurs n'a pris « aucune autre décision à ce stade » (que celle sur les 60 milliards), « ce que l'avenir apportera, le Conseil l'examinera et je n'ai pas de commentaires ou de pronostics à faire à ce propos ».
Il a par ailleurs minimisé la portée des critiques de la chancelière allemande qui s'était inquiétée des conséquences des mesures « non conventionnelles » prises récemment par les grandes banques centrales mondiales (EUROPE n° 9913). Lors d'un entretien téléphonique avec Angela Merkel, mercredi, cette dernière lui aurait « confirmé qu'elle respectait entièrement l'indépendance de la BCE, qu'elle appuyait pleinement ce que nous faisons en pleine indépendance ». Il est parfaitement clair qu'il faut « une stratégie de sortie appropriée », a souligné M. Trichet, rappelant encore une fois que lorsque l'environnement économique se sera amélioré, la BCE « fera en sorte que les mesures prises soient rapidement levées et les liquidités apportées soient absorbées ». (A.B.)