Bruxelles, 30/04/2009 (Agence Europe) - Le secrétaire américain à la Justice, Eric Holder, a déclaré mercredi 29 avril à Berlin que les États-Unis et l'Europe devaient « faire des sacrifices » et se tenir prêts à prendre « des décisions impopulaires » pour parvenir à la fermeture de la prison de Guantanamo. « Je sais que l'Europe n'a pas créé Guantanamo et que la plus grande partie du continent s'y est opposée », a-t-il souligné, au lendemain d'une rencontre avec les représentants de l'UE à Prague. « Mais maintenant que nous tournons la page, il nous incombe à tous de s'entendre sur de nouvelles solutions, sans cette rancune ni cette rhétorique qui nous ont divisés par le passé », a-t-il poursuivi à l'attention des Européens. Les États-Unis travaillent bilatéralement avec beaucoup de pays, y compris des États membres de l'UE, pour accueillir un large groupe de détenus de Guantanamo déclarés libérables par la justice fédérale ou par le Pentagone mais qui ne peuvent être renvoyés dans leur pays de peur qu'ils y subissent des persécutions. Actuellement, une trentaine de détenus de Guantanamo sont dans ce cas de figure, selon M. Holder. Mais d'autres détenus pourraient être concernés à mesure que les dossiers de chaque prisonnier sont passés en revue. Le secrétaire à la Justice a d'ores et déjà indiqué que les États-Unis feraient des demandes officielles aux différents pays dans quelques semaines. Alors qu'il ne reste plus que neuf mois avant la fermeture de la prison de Guantanamo, « le compte à rebours est lancé », a déclaré un diplomate américain. Si les États-Unis se sont dits prêts à accueillir certains détenus libérables, l'UE essaie d'établir un cadre de coopération de façon à encourager les États membres à en accueillir aussi. « Nous espérons que cela pourra donner des résultats dans 6 à 8 semaines, même si c'est aux Européens de fixer leur propre calendrier », a ajouté le diplomate. Pour l'instant, seule la France a confirmé qu'elle allait accueillir un détenu de Guantanamo, probablement un Algérien. (B.C.)