Bruxelles, 30/04/2009 (Agence Europe) - La délégation parlementaire européenne pour les relations avec le Conseil législatif palestinien a organisé mercredi 29 avril à Bruxelles, sous l'égide de Luisa Morgantini (GUE, Italie), vice-présidente du Parlement européen, un « atelier » sur le thème: « Comment briser le cercle vicieux » à propos de l'impossible règlement de la question palestinienne. Ont contribué à ces débats les députés Véronique de Keyser (PSE), Annemie Neyts (ALDE, belge), Richard Howitt (PSE, britannique) ainsi que des personnalités invitées, notamment le chargé d'affaires égyptien, Badr Abdellaty, John Ging, Directeur à l'UNRWA, l'ancien ambassadeur français, Yves Aubin de La Messuzière, Raja Sourani, juriste palestinien directeur du centre des droits de l'Homme à Gaza et Leonidas Tezapsidis, au nom de la Commission européenne.
En substance, il est ressorti de ces débats que l'UE doit maintenir sa présence sur le terrain et dans le traitement du dossier alors que tous les regards se tournent vers Washington dans l'attente des initiatives que le président Obama aurait l'intention de prendre. Des diverses interventions, il apparaît que la situation est tendue et Israël serait loin d'assumer ses responsabilités. L'avis, partagé par tous les présents, est que la légalité internationale ne peut ne pas s'appliquer à ce qui s'est déroulé depuis la fin 2008.
Au nom de la Commission, M. Tezapsidis a brossé un tableau de la situation qui fait apparaître la grande difficulté et la délicatesse de la tâche d'intervenir sur le terrain et dans un contexte politique rendu « confus » en particulier dès la fin 2008. « Sur le terrain, la situation est extrêmement complexe. Il est presque trop tard pour agir », selon le directeur de l'UNRWA. La Commission européenne « concentre ses efforts sur la construction des institutions palestiniennes », a expliqué M. Tezapsidis. « Les perspectives de paix paraissent de plus en plus éloignées, mais il n'y a pas d'autre choix que d'être opimiste ». Il a ajouté que l'UE cherche à donner un « message fort, notamment pour l'ouverture des passages ». Il rejette l'argument selon lequel l'UE n'a pas de moyens de pression sur Israël: « Nous en avons dans la mesure où nous avons des liens forts avec ce pays. Nous n'allons pas geler nos relations mais dire clairement à Israël notre point de vue et dire que nous soutenons l'initiative de paix arabe ». Le chargé d'affaires égyptien a défendu le point de vue de son pays sur les restrictions au passage de Rafah entrouvert mais de manière restreinte afin, a-t-il soutenu, de « ne pas décharger Israël de ses responsabilités de puissance d'occupation ». Il a surtout exprimé la forte préoccupation de son pays face à l'accroissement de la tension et de la haine: « Ce que nous entendons » de la part du nouveau gouvernement israélien «est alarmant », a dit M. Abdellaty. M. Sourani, comme le représentant d'Amnesty International, a soulevé divers aspects juridiques qui mettent en lumière la volonté d'Israël de bloquer le processus de paix.
La question essentielle demeure liée à la nature des relations de l'UE avec Israël et au risque qu'elles ne servent pas à dissuader le nouveau gouvernement israélien de prendre une voie contraire à la paix. Mme Morgantini adressant un message à M. Solana a dit: « Nous devons faire respecter le droit et respecter nos engagements, à savoir ne pas renforcer les liens avec Israël » tant qu'il persistera dans sa politique actuelle. Et d'ajouter: « L'impunité, c'est fini. Aucun pays ne doit être situé au-dessus des lois ». Pour Mme De Keyser, l'attitude du Conseil est « surréaliste » et elle estime que l'UE devrait présenter à Israël la facture des dommages qu'il a causés. Elle rappelle l'engagement actif du Parlement qui a institué un groupe de travail spécifique sur le Moyen-Orient pour un suivi continu de la situation. Mme Neyts, membre de ce groupe de travail, conforte le point de vue de Mme De Keyser et s'étonne, au sujet de « l'upgrading » des relations avec Israël, que le Conseil de l'UE se comporte « comme si le Parlement n'avait rien dit » à ce sujet. L'ambassadeur de La Messuzière a regretté que « les Européens se soient enfermés dans un dogme » qui les empêche de nouer des contacts utiles dans la région, notamment avec le Hamas alors que ce mouvement a « subi une mutation » depuis qu'il doit gérer la vie pratique dans le territoire de Gaza. (F.B.)