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Bulletin Quotidien Europe N° 9877
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Empreinte européenne forte et positive sur les résultats du G 20

Concrétiser les décisions. Un commentaire supplémentaire sur le Sommet du G 20 ? Surtout pas. L'Agence Europe a résumé de façon claire et sagement schématisée les résultats de ce Sommet, et les commentaires ont foisonné partout. Inutile d'en ajouter un autre. Cette rubrique n'ira donc pas au-delà des trois constatations fondamentales évidentes: a) les puissances émergentes, appartenant à tous les continents, ont participé au Sommet sur le même plan que les puissances économiques traditionnelles. La nouvelle gouvernance mondiale est en route ; b) la cassure entre l'Europe (qui réclamait la révision profonde de la régulation financière mondiale) et les États-Unis (qui mettaient l'accent sur les interventions budgétaires) a été surmontée. Le principe des réformes radicales a été retenu, et l'UE a prouvé que son action anticrise est fondamentalement au même niveau que celle des États-Unis ; c) malgré les critiques (logiques et prévisibles), la réaction des milieux économiques et financiers a été globalement positive, la hausse des marchés boursiers l'a prouvé.

Tout reste à faire, mais les lignes sont tracées et un certain niveau de confiance semble en train de se rétablir. Les paradis fiscaux, l'opacité des marchés, les abus des banquiers, rien ne sera plus comme avant. Il faudra veiller aux réactions plus ou moins sournoises de ceux qui perdent des privilèges inadmissibles grâce à l'absence de règles ; il revient à la classe politique d'imposer le respect des orientations nouvelles.

Une tradition insipide. Je reviens à la raison d'être de cette rubrique: les aspects européens. Quelques commentateurs n'ont pas renoncé à l'habitude bien ancrée de déplorer par principe l'absence et l'inefficacité de l'Europe. Un exemple: l'ineffable Timothy Garton Ash, qui sévit dans la presse britannique et qui est étrangement pris au sérieux par certains journaux continentaux, nous a appris qu'à la table du G 20, il y avait beaucoup d'Européens mais aucune Europe. Cette affirmation peut avoir une double interprétation: physique ou intellectuelle. Elle est fausse dans les deux cas. Physiquement, aussi bien M. Barroso (Commission européenne) que M. Topolánek (Conseil européen) étaient bien présents, avec leur siège et l'indication des institutions qu'ils président. La seule absence regrettable était celle de Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe ; mais cette instance n'a pas encore un caractère officiel, elle l'aura avec le Traité de Lisbonne. Sur le plan politique et intellectuel, la position de l'UE avait été approuvée par le Conseil européen du 19 mars, définissant en 24 points, avec précision et force détails, les mesures et orientations que l'UE attendait du G 20. Cette rubrique en avait indiqué les éléments essentiels et souligné l'importance et la signification dans le bulletin n° 9867 du 24 mars, en invitant à en lire le texte intégral. Invitation que Timothy Garton Ash n'a évidemment pas suivie, en donnant la préférence aux remarques sans fondement et aux banalités antieuropéennes habituelles. Le texte approuvé d'un commun accord (c'est sa dénomination officielle) par les pays de l'UE, reproduit dans le N° 2516 de notre série EUROPE/Documents, a représenté la base de la partie financière et économique du communiqué final du G 20. Il est facile de le contrôler. Sans oublier que la convocation du G 20 répondait à une initiative européenne. Le rôle de l'UE a été fondamental,

L'apport communautaire. Le deuxième aspect de l'effort traditionnel visant à nier ou réduire l'apport européen consiste à minimiser le financement communautaire en faveur des mesures anticrise: cinq milliards d'euros, une bagatelle. Mais une évaluation correcte doit tenir compte des efforts nationaux. Ceci dit, la dotation modeste du budget de l'UE empêche de faire davantage. Il est curieux de constater que ce sont surtout les eurosceptiques qui critiquent, parfois de façon ironique, la faiblesse du financement communautaire ; or, ce sont les mêmes qui s'opposent à toute extension (institutionnelle, législative, financière, etc.) des compétences européennes ! Ils recueillent les fruits de ce qu'ils ont semé. Sans oublier que les 5 milliards du budget communautaire représentent des vrais financements, non pas des garanties ni des engagements à racheter des actifs pourris. Et sans négliger le rôle de la Banque européenne d'investissement (BEI), qui vient d'augmenter son capital en puisant dans ses réserves, sans demander aucun apport aux budgets des États membres, et qui finance des projets bien définis, conformes aux objectifs des politiques communautaires, en veillant à l'efficacité du point de vue non seulement économique mais aussi environnemental. Lorsqu'on connaît les gaspillages, les irrégularités et les abus qui entachent tellement de dépenses nationales…

Cette rubrique rappellera demain la manière dont l'UE agit déjà concrètement en vue de mettre en œuvre les réformes radicales du fonctionnement et de la surveillance du monde de la finance.

(F.R.)

 

Sommaire

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JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE