login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9840
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/bosnie-herzÉgovine

Le départ soudain de Miroslav Lajcak embarrasse l'UE

Bruxelles, 13/02/2009 (Agence Europe) - Le départ imprévu du représentant spécial de l'UE (RSUE) pour la Bosnie-Herzégovine, Miroslav Lajcak, qui il y a quelques jours a repris le portefeuille de ministre des Affaires étrangères de la Slovénie, a mis l'UE dans l'embarras et dans la nécessité de trouver, d'ici le 1er mars, un nouveau candidat pour ce poste. Il est déjà décidé que la désignation d'un nouveau RSUE et celle du Haut représentant de la communauté internationale investi des pouvoirs exécutifs en Bosnie-Herzégovine, que
M. Lajcak exerçait simultanément, seront traitées séparément. Le Peace Implementation Council (PIC) responsable entre autres de l'approbation de cette deuxième fonction, devrait se réunir à la fin du mois de mars ou au début d'avril lors de sa session de printemps pour décider si le RSUE aura également le mandat de Haut représentant (HR). Du côté de l'UE, c'est le Conseil des Relations extérieures et des Affaires générales (GAERC) du 23 février qui pourrait entériner la désignation du successeur de M. Lajcak.

Le départ de M. Lajcak constitue un précédent dans l'histoire diplomatique de l'UE et conduit certains diplomates à s'interroger sur les raisons d'une telle décision. Une des réponses possibles est tout simplement que M. Lajcak n'aurait pas supporté la pression que représentait sa mission. Plusieurs problèmes juridiques se posent. M. Lajcak exerce déjà les fonctions de ministre des Affaires étrangères de la Slovénie et il siégera en tant que tel au GAERC chargé de choisir son successeur, tout en gardant le double mandat de RSUE et de l'OHR. Il conserve ces titres jusqu'à la désignation de son successeur par les deux organes concernés. Son départ imprévu renverse le processus qui prévoyait une désignation simultanée du RSUE pour la Bosnie-Herzégovine et du Haut représentant, ce dernier nécessitant l'accord de deux États membres du PIC non membres de l'UE, à savoir la Russie et les États-Unis. Selon un des porte-parole du bureau du HR/RSUE, Bruxelles mène en parallèle des consultations en son sein, des consultations avec le PIC, incapable d'anticiper sa réunion en raison des récentes élections américaines. À l'heure actuelle, c'est l'Américain Raffi Gregorian et actuel chef adjoint du bureau du HR qui remplace M. Lajcak.

Le départ du RSUE risque de saper davantage l'image de l'UE en Bosnie-Herzégovine au moment où la présence du représentant spécial (y compris les pouvoirs exécutifs dont il disposait) et celle de l'UE commencent à être remises en question par les autorités bosniaques. À ceci s'ajoute également la problématique de la présence militaire de l'UE (la France et la Finlande ont déjà commencé à retirer leurs contingents de l'opération militaire de l'UE, Althea) et dont l'avenir devrait être décidé lors de la deuxième réunion du PIC en juin. De sources européennes, il n'y a pas actuellement, parmi les candidatures proposées par les États membres de l'UE, une personne qui pourrait jouir d'une notoriété suffisante pour mener à bien le processus de transition en Bosnie-Herzégovine. La réforme de la police n'est toujours pas achevée, des travaux sur la nouvelle Constitution non plus et la réforme de la Bosnie-Herzégovine est toujours au point mort. Dans un de ces derniers discours, le 4 février, devant les députés bosniaques, M. Lajcak a remarqué lui-même qu'au cours de l'année précédente, le Parlement bosniaque n'a fait passer que sept lois liées aux engagements pris vis-à-vis de l'UE. « Cette année sera importante pour déterminer si la Bosnie-Herzégovine reste sur le chemin de l'intégration européenne ou si elle va être retirée de la liste des États de la région qui se rapprochent de l'UE », a déclaré M. Lajcak en insistant sur l'accélération de réformes, spécialement sur l'adoption par l'Assemblée de la stratégie pour la mise en place de l'annexe 7 relative au retour des personnes déplacées et des réfugiés et la prise en compte des recommandations de l'UE lors de l'examen et du vote de la loi sur le service civil.

Le PIC, lors de sa réunion de février 2008, a défini cinq conditions pour achever la transition de la Bosnie-Herzégovine qui se solderait par la fermeture du bureau du Haut représentant: - résoudre les problèmes concernant les droits de propriété entre l'État fédéral et les entités fédérées ; - trouver une solution à la question de la propriété des biens militaires ; - finaliser le statut de village de Brcko ; - assurer la stabilité financière de l'État ; - garantir l'état de droit. Deux autres conditions s'y ajoutent: une évaluation positive de la situation en Bosnie-Herzégovine au regard des dispositions de l'Accord de Dayton, d'une part, et la signature de l'accord de stabilisation et d'association (ASA) (ce dernier ayant été signé l'année dernière). (A.By.)

Sommaire

NOTULES
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
CALENDRIER
INTERPENETRATION ECONOMIQUE