Bruxelles, 13/02/2009 (Agence Europe)- L'appui à la mise en place des centres d'excellences pour les forces de l'ordre africaines, une mise en place possible d'un instrument financier pour les activités de maintien de paix menées par l'Union africaine (UA) ainsi que le récent lancement du cycle Amani Africa (EURORECAMP) pour contribuer à la formation et à la validation, d'ici fin 2010, de la force africaine en attente (FAA) forment un ensemble de mesures de l'UE lancées visant à renforcer l'autonomie africaine en matière de prévention et de gestion des crises. Un an après sa désignation et une semaine après la conférence de contributeurs au cycle Amani Africa, le conseiller du Haut représentant de l'UE pour les capacités africaines de maintien de la paix, le général Pierre-Michel Joana, a fait le point devant la presse, vendredi 13 février, sur ce partenariat stratégique entre l'UE et l'UA dans le domaine de paix et de la sécurité.
Celui-ci se décline en trois principaux volets qui sont: - la consolidation d'un dialogue politique entre l'Union européenne et l'UA, dont le représentant spécial de l'UE (RSUE) pour l'Union africaine basé à Addis Abeba est l'incarnation ; - dans le domaine de la sécurité, il s'agit de rendre opérationnelle l'architecture de paix et de sécurité à l'échelle du continent africain en aidant l'UA à développer ses propres moyens de prévention des crises. Cet appui de l'UE passe par les missions de conseil et d'assistance à la réforme du secteur de sécurité (actuellement trois parmi lesquelles deux au Congo et une en Guinée Bissau), la mise en place d'un système d'alerte précoce à l'échelle de tout le continent, la formation de forces de police ainsi que des civils compétents pour la gestion civile des crises (problèmes d'enfants soldats, de la violence sur fond sexuel, l'inégalité des genres, etc.) à travers l'appui à la mise en place des centres d'excellences multinationaux au niveau régional, ainsi que la mise en place du cycle Amani Africa chargé de mettre en place au niveau sous-régional des unités en attente, composées tant des militaires que d'experts en matière de prévention civile des crises ; - la tentative de mise sur pied d'un système de financement au service de l'UA. Il s'agirait dans ce dernier cas de voir dans quelle mesure il serait possible de mettre en place un fonds prévisible qui permettrait à l'UA de financer les opérations de maintien de paix ou de recherche des solutions aux diverses crises en Afrique. Le projet, dirigé par l'ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi, est actuellement en phase d'évaluation (les premières conclusions ont été présentées en décembre dernier), et il s'agit encore de définir les objectifs et la durée pour laquelle ce fonds mis à disposition de l'Union africaine serait opérationnel.
Pour sa part, l'Union africaine commence aussi à resserrer les liens avec l'UE qui est de plus en plus sollicitée à apporter son conseil. La semaine prochaine, une équipe d'officiers de l'UE devrait se rendre à Addis Adeba pour servir de conseil à la structure de gestion de l'UA pour la Somalie. À noter que l'UA a souhaité l'envoi de policiers européens dans ce pays en conflit. La mission de réforme du secteur de la sécurité en Guinée Bissau (SRR Guinée Bissau) lancée il y a un an en vue de conseiller la réforme des douanes, de la justice et de la police, devrait être prolongée de six mois tandis que le dialogue concernant la mise en place du cycle EURORECAMP/Amani Africa commence à prendre de l'allure avec la désignation au niveau de l'UA d'une cellule de contact avec l'UE et l'adoption récente du scénario du cycle. La conférence des contributeurs organisée le 6 février à Bruxelles sous la Présidence tchèque du Conseil a permis de recueillir près de 2 millions d'euros (1,8 million exactement) sur environ 4 millions estimés nécessaires pour mener à bien le cycle. Des ressources existent: 300 millions d'euros sont ainsi disponibles dans le cadre du programme de Facilité de paix en Afrique géré par la Commission européenne et destiné à financer, conformément au principe de l'appropriation africaine, des initiatives en matière de la sécurité et de paix sur le continent africain. Concrètement, l'UA sera libre d'allouer ces fonds en fonction de ses besoins ad hoc et à la demande préalable déposée auprès et agréée par les services de la Commission. D'autres contributeurs comme les Pays-Bas (qui ont promis une contribution à hauteur de 300 à 500 millions d'euros) ou la Belgique (contribution en équipement) devront encore confirmer leurs déclarations ainsi que les États-Unis qui n'ont pas pu participer à la réunion. Parmi les contributeurs aux deux millions recueillis le 6 février figurent aussi des partenaires non européens de l'UE tels que le Canada, les Nations unies, le Japon, l'OTAN ainsi que la Norvège. (A.By.)