Bruxelles, 13/02/2009 (Agence Europe) - Il ne faut pas stigmatiser les jeux vidéo, bénéfiques pour le développement psychique et intellectuel des enfants, mais les parents devraient pouvoir disposer d'un « bouton rouge » qui leur permette de désactiver les jeux qui leur paraissent inappropriés. Tel est le message du rapport d'initiative de Toine Manders (ADLE, néerlandais), adopté à l'unanimité par la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs le 11 février.
Les jeux vidéo n'ont pas seulement une valeur récréative mais peuvent être utilisés dans des buts éducatifs et médicaux, souligne le rapport. Cependant, tous ne sont pas adaptés à toutes les catégories d'âge et la possibilité d'effets néfastes sur le psychisme ne peut être écartée. Pour aider les parents à exercer davantage de contrôle, les députés préconisent une plus grande sensibilisation au contenu des jeux vidéo, au contrôle parental et aux outils tels que le système paneuropéen de classification des logiciels de loisirs (PEGI). S'ils ne recommandent pas une législation européenne spécifique, les députés estiment que les États membres devraient faire en sorte que leurs systèmes nationaux de classification ne conduisent pas à une fragmentation du marché. Une harmonisation des règles d'étiquetage serait une bonne solution et l'adoption d'un système commun basé uniquement sur PEGI serait l'idéal, selon eux. Les jeux en ligne, facilement téléchargeables sur un PC ou un téléphone portable, présentent un danger particulier car le contrôle parental y est plus difficile, relève encore le rapport. En attendant que PEGI on-line soit fonctionnel, le rapport propose de munir les consoles, les ordinateurs et les autres dispositifs de jeux d'un « bouton rouge » qui donnerait aux parents la possibilité de désactiver un jeu et d'en contrôler l'accès. S'appuyant sur des études, le rapport indique que les jeux violents n'entraînent pas de facto un comportement violent bien qu'une exposition prolongée à ces jeux puisse avoir un impact non négligeable sur le joueur et même attiser des pulsions violentes. C'est pourquoi un amendement de la commission des libertés civiles invite les États membres à établir un cadre légal spécifique en matière civile et pénale relatif aux jeux télévisuels, vidéos, conçus pour les ordinateurs et, surtout, les jeux en ligne. Soulignant la nécessité de renforcer le contrôle des jeux, les producteurs, les détaillants et les parents doivent songer à des mesures adaptées. Dans cette optique, les députés soutiennent l'idée d'un code de conduite paneuropéen pour les détaillants et les producteurs de jeux. Mais ce sont surtout les propriétaires des cybercafés qui sont montrés du doigt et appelés à prendre leurs responsabilités en exerçant davantage de contrôle sur leur clientèle. Selon Eurobaromètre, 3,2% des jeunes entre 16 et 17 ans auraient en effet accès à l'Internet sans aucun contrôle parental dans ces établissements. (I.L.)