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Bulletin Quotidien Europe N° 9840
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/kosovo

Pristina ne veut pas accepter que sa non-reconnaissance par certains pays membres empêche son intégration européenne

Bruxelles, 13/02/2009 (Agence Europe) - Le fait que cinq États membres de l'Union (Espagne, Grèce, Chypre, Slovaquie, Roumanie) n'aient pas encore reconnu l'indépendance du Kosovo ne doit pas empêcher le jeune pays des Balkans de progresser sur la voie de l'intégration européenne, a affirmé la vice-ministre des Affaires étrangères du Kosovo, Vlora Citaku, le 13 février à quelques journalistes à Bruxelles. Le problème est évident: le Kosovo, comme tous les autres pays des Balkans, a une perspective d'adhésion. Mais comment l'UE pourra-t-elle lancer le processus d'association et de stabilisation et entamer des négociations sur un accord ASA avec ce nouvel État alors qu'il n'est pas reconnu par tous les 27 pays membres ? Le Conseil a demandé à la Commission européenne d'étudier comment dans les circonstances politico-juridiques données, l'UE pourrait quand même traiter avec le Kosovo afin de l'aider à faire les réformes nécessaires et à se rapprocher à l'Union. L'étude de la Commission est attendue pour l'automne (elle sera intégrée dans le rapport annuel régulier sur le Kosovo). À ce stade, il est prématuré de dire quel sera le résultat de cette réflexion car « la situation est vraiment très compliquée » d'autant plus que l'UE n'a aucune compétence en matière de reconnaissance de pays tiers, explique-t-on à la Commission. Une chose est sûre: il faudra trouver un moyen « pragmatique » d'engager le Kosovo dans le processus « car nous ne pouvons pas le laisser tomber », dit-on à la Commission, où l'on rappelle que la mission d'état de droit de l'UE au Kosovo (EULEX) a pu être lancée par les Vingt-sept en dépit du fait que cinq d'entre eux ne reconnaissent pas ce pays.

La vice-ministre kosovare des Affaires étrangères demande que l'UE fasse preuve d'imagination pour trouver une solution spécifique (« sui generis ») à ce « vrai problème ». « Quand on veut trouver une solution, on peut », souligne Mme Citaku. La solution la plus simple serait que les cinq pays membres récalcitrants reconnaissent l'ancienne province serbe mais rien n'indique qu'ils puissent le faire dans un avenir proche. « Nous sommes en contacts réguliers avec eux et espérons leur reconnaissance le temps venu ». Quelle que soit la solution, le Kosovo est déterminé à avancer sur sa voie européenne. « Peu importe le nom qu'on donnera au processus, nous ferons nos devoirs » pour préparer le pays à l'intégration européenne, dit la ministre. Avec 85% de soutien à l'UE, « le Kosovo est le pays le plus pro-européen », affirme Mme Citaku.

Serbie. La vice-ministre n'a pas été tendre avec Belgrade qu'elle accuse de « manipuler » la minorité serbe (10% de la population) qui vit essentiellement dans le nord du pays et qui « n'est pas entièrement intégrée ». Les autorités serbes utilisent la minorité serbe pour encourager le « dysfonctionnement » de l'État kosovar, estime Mme Citaku. Dans ces conditions de voisinage très tendues, ne doit-on pas craindre à Pristina que la Serbie, beaucoup plus avancée sur la voie d'intégration, pourrait un jour, une fois qu'elle sera membre de l'UE, bloquer l'adhésion du Kosovo ? « J'espère que la Serbie pourra devenir membre de l'UE demain. Ce serait bien d'avoir un voisin membre de l'UE », répond la vice-ministre. Mais pour cela, la Serbie devra entrer dans une coopération régionale intensive et pacifique avec ses voisins, y compris le Kosovo, dit-elle. Une adhésion « en bloc » de tous les pays des Balkans serait « idéale », mais Pristina n'a rien contre le principe (très cher à l'UE) que chaque pays candidat soit traité sur base de ses mérites propres.

EULEX. La vice-ministre kosovare regrette que la mission n'ait été déployée qu'en décembre dernier. « Je suis très insatisfaite avec le calendrier. La mission aurait dû être en place depuis longtemps. Cela a pris trop de temps », dit-elle. Il est encore prématuré de se prononcer sur le fonctionnement et l'efficacité de la mission, affirme Mme Citaku. La mission des Nations unies au Kosovo (UNMIK), en revanche, devrait partir. « La mission a été un succès mais il est temps qu'elle parte » car le statut du Kosovo a changé, dit-elle.

Le 17 février, Pristina fêtera le premier anniversaire de sa déclaration d'indépendance reconnue à ce jour par 54 pays dans le monde. « Nous avons prouvé que nous fonctionnons comme un État. Notre indépendance est un fait irréversible », estime la ministre. Même la Cour internationale de justice qui a été saisie par la Serbie afin de statuer sur la légalité de la déclaration unilatérale d'indépendance n'y pourra rien changer, insiste-t-elle. (H.B.)

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