login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9838
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/conseil europÉen

La Présidence annonce deux Sommets informels, l'un pour contrer le protectionnisme, l'autre pour gérer l'impact social de la crise

Bruxelles, 11/02/2009 (Agence Europe) - La Présidence tchèque a décidé de réunir l'ensemble des chefs d'État ou de gouvernement de l'UE pour un Sommet exceptionnel le 1er mars à Bruxelles. L'ampleur de la crise elle-même et le risque de réponse désordonnée tendant au protectionnisme justifient la tenue d'une telle réunion informelle, a estimé Mirek Topolanek, mercredi 11 février. À l'issue de sa rencontre avec le collège des commissaires, le Premier ministre a fait d'une pierre deux coups, annonçant également un autre Sommet informel, en mai à Prague, qui sera consacré cette fois aux questions sociales et à l'emploi dans le cadre de la crise actuelle. Si José Manuel Barroso a d'abord rappelé l'intense séquence préparatoire menant au Conseil européen de printemps (19-20 mars), qui précède la réunion du G20, le 2 avril à Londres, le Premier ministre tchèque a d'emblée insisté sur le besoin de faire converger les vues sur la question du protectionnisme. Les dirigeants seront aussi amenés à discuter des mesures additionnelles destinées à stabiliser le secteur financier en débarrassant les banques de leurs actifs toxiques.

Un Sommet pour préserver l'intégrité du marché intérieur. Se disant « ravi du soutien explicite » de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français Nicolas Sarkozy à l'organisation d'un tel événement, il a espéré que le débat politique au plus haut niveau permettra de « renforcer la coordination européenne ». M. Topolánek a souligné que la « situation dans certains États membres nous préoccupe tout particulièrement », en insistant sur les règles à respecter (« le marché intérieur est un véhicule qui nous permettra de sortir de la crise »). Le Sommet du 1er mars « portera sur les expériences nationales de la mise en œuvre des plans de relance, les mesures que prennent les États membres dans ce domaine », a-t-il ajouté, avant de préciser: « Son but sera d'aligner toutes ces approches au niveau européen pour éviter qu'il y ait du protectionnisme ou pour éviter qu'on viole les règles en matière d'aide publique ainsi que d'autres aspects de la stratégie de Lisbonne ». Et de marteler qu'il s'agira de « trouver une position équilibrée entre ceux qui pensent qu'il est possible de violer les règles et ceux qui sont d'avis contraire. Moi je suis dans le dernier camp ». Pour le président de la Commission, il faut veiller à « ne pas ajouter à la situation difficile actuelle des problèmes qui découleraient de la réaction ». Selon José Manuel Barroso « en période de crise, certains se retranchent sur leur propre région, leur propre groupe, leur propre pays et pensent que c'est la bonne réponse, mais ceci inclut le risque de spirale descendante ». Connue par le passé, cette attitude n'est pas à reproduire et « il nous faut coordonner nos actions afin de maximiser le bénéfice pour chacun et ne pas avoir d'effet induit négatif pour nos voisins ».

Un autre pour gérer les conséquences de la crise pour l'emploi. En indiquant dès à présent son intention de convier les dirigeants européens à Prague pour une autre réunion informelle sur l'emploi et les conséquences sociales de la crise, M. Topolanek entend réaffirmer la capacité de la Présidence à agir. Il anticipe surtout l'importante dégradation des chiffres du chômage au cours des prochains mois. L'évolution du marché de l'emploi et les aspects sociaux de la crise sont « notre préoccupation majeure aujourd'hui », a observé M. Barroso, pour qui il faudra prendre des mesures au plan européen pour compléter les actions nationales dans ce domaine.

Appel à la responsabilité des dirigeants européens. Le président Barroso a exhorté les chefs d'État ou de gouvernement à faire preuve « d'esprit et d'engagement européens ». Selon lui, « tous les leaders européens ont la responsabilité d'aider la Présidence tchèque, d'aider les institutions européennes (…) ». Tous sont confrontés à une grande pression dans leur pays, mais, leur dit-il, « ne faites pas cavalier seul, ce serait une tragédie pour l'Europe, mais ce serait une tragédie pour vous aussi (…) car si un pays prend des mesures unilatérales, les autres pourront le faire aussi et nous perdrions la grande ressource de l'Europe qu'est le marché unique ». Et de leur lancer: « Luttez contre le nationalisme économique, luttez contre le protectionnisme interne, luttez contre toutes les formes de populisme, d'extrémisme, qui essaient de poser l'Europe comme une partie du problème, quand l'Europe, c'est en fait une grande partie de la solution ».

« Ne pas laisser couler nos industries à cause d'une crise temporaire ». C'est ce qu'a aussi expliqué le président de la Commission en réponse à une question sur le plan français de soutien à l'industrie automobile. « En principe, nous ne sommes pas opposés à une action des États membres pour aider leurs industries, mais il est clair que cela doit se faire dans le respect plein et entier des règles et des principes de l'UE », a souligné M. Barroso. D'une manière générale, « les aides publiques parfois sont nécessaires » pour assurer l'avenir et la durabilité de l'industrie automobile, « mais nous allons examiner de près touts les détails de ces subventions pour voir s'il y a respect des règles du marché unique et des règles en matières d'aides d'État ». Pour clarifier la situation, la Commission proposera, en vue du Conseil Compétitivité du mois de mars, un document reprenant les conditions auxquelles les interventions des États membres doivent répondre. (A.B.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES