Bruxelles, 25/11/2008 (Agence Europe) - Les exportateurs chinois d'attaches (vis de fixation, boulons…) ont mis en garde, lundi 24 novembre, contre le risque que des mesures antidumping communautaires imposées à leurs produits attise les tensions commerciales entre l'UE et la Chine. Au terme d'une enquête d'un an réclamée par des producteurs européens, la Commission européenne a mis sur la table, début novembre, une proposition de règlement visant à frapper, pour cinq ans, de droits antidumping compris entre 63% et 87% les importations de vis, boulons et fermoirs en acier en provenance de Chine. Ces droits s'appliqueraient à près de 200 entreprises chinoises qui ont exporté vers l'UE pour un montant de 575 millions d'euros en 2007 des composants utilisés en grande partie pour la construction et l'industrie du bâtiment, l'industrie automobile, la fabrication d'appareils électriques ou de machines. La décision formelle sera prise ce mercredi. « Ces mesures vont non seulement restreindre l'accès du marché communautaire aux exportateurs chinois, elles vont aussi accroître les coûts pour les industries européennes qui utilisent ces produits. Au final, ce sont les consommateurs européens qui vont payer », a expliqué Zhang Feng, vice-secrétaire général de l'association des entreprises chinoises exportatrices d'attaches, Jiaxing, à la tête de la bataille juridique sur ce dossier, lors d'un briefing à la presse. Pour les exportateurs chinois, les enjeux sont énormes puisque ces droits vont les évincer du marché communautaire, qui représente un tiers de leurs exportations totales, ce qui va se traduire par des pertes d'emplois par milliers. En Chine, près de 10 000 entreprises qui produisent et exportent des attaches emploient près de 2,5 millions de personnes. Selon M. Zhang, avec des droits aussi élevés que ceux proposés, près de 800 000 ouvriers perdront leur emploi. Le représentant de Jiaxing estime en outre que ces droits se traduiront par un surcoût de 402 millions d'euros par an en moyenne qui seront aux frais des utilisateurs et consommateurs. Pour l'avocat Robert McLean, qui défend les intérêts des exportateurs chinois d'attaches au sein du cabinet Crowell & Moring, il s'agit d'une « décision motivée plus politiquement que techniquement ». Selon lui, l'industrie européenne n'a pas prouvé de dommage subi. Les exportateurs chinois font en effet la distinction entre leurs produits vendus en Europe, qui sont des attaches standard destinées à une utilisation industrielle générale et aux marchés du bricolage, et les produits européens, qui sont des fixations de haute résistance destinées aux industries automobile, aéronautique et de terrassement. Pour eux, ces deux produits sont complémentaires et ne se concurrencent pas directement sur le marché. (E.H.)