Bruxelles, 25/11/2008 (Agence Europe) - Cette semaine en cours pourrait être décisive pour l'issue du round de Doha, lancé en 2001 et dans l'impasse depuis l'échec de la réunion ministérielle de Genève fin juillet, dû en grande partie au différend entre les États-Unis et l'Inde, opposés sur le mécanisme de sauvegarde spéciale (SSM) qui permet à un pays en développement de se protéger en cas de forte hausse des importations agricoles (EUROPE n° 9714). « C'est la semaine du 'ça passe ou ça casse'», a averti en fin de semaine dernière le médiateur agricole à l'OMC, le Néo-Zélandais Crawford Falconer, déplorant l'absence de « tsunami de concessions malgré le tremblement de terre à Washington », en référence à l'appel lancé par les dirigeants du G20, réunis le 15 novembre dernier dans la capitale américaine pour jeter les bases d'un nouveau système financier international. Le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, veut en effet arracher cette semaine, via des projets de compromis révisés sur les modalités de libéralisation des échanges en agriculture et sur les produits manufacturés (NAMA), de nouveaux engagements chiffrés aux 153 pays membres avant de décider la tenue ou non, avant Noël (probablement à la mi-décembre), d'une nouvelle réunion ministérielle à Genève pour conclure le round. M. Lamy peut maintenant compter sur la volonté politique qui avait manqué en juillet dernier. Après ceux du G20 le 15 novembre, ce sont les dirigeants des pays de l'APEC qui, réunis à Lima en fin de semaine dernière, ont plaidé pour la conclusion de l'Agenda de Doha pour le développement. Le président américain George W. Bush s'est lui-même dit « très déterminé » à favoriser un accord d'ici son départ le 20 janvier prochain. Mais, comme nous l'avons vu (EUROPE n° 9785), des textes de compromis révisés restent un impératif. Il s'agira donc pour les négociateurs des 153 pays membres de l'OMC de s'entendre cette semaine sur plusieurs questions épineuses comme le SSM, la banane et le coton. (E.H.)